François-Xavier Garneau (1809-1866)

Les présentes notes sont tirées du livre François-Xavier Garneau. Notaire, historien et patriote, Montréal, Boréal, 2020.


Patrice Groulx
Mars 2020

François-Xavier Garneau (1809-1866)
Source : LAC/BAC, estampe, Le Feuilleton, 1866, domaine public.

François-Xavier Garneau a construit sa notoriété d’historien grâce à une activité de trente-quatre ans dans les lettres québécoises. Sa célébrité au pays et à l’étranger provient surtout de son Histoire du Canada (1845) dont la conception et la publication constituent un tour de force scientifique et littéraire.

En 1839, en effet, le gouverneur John George Lambton, lord Durham, nommé par Londres pour enquêter sur les affrontements entre l’armée et les Patriotes en 1837-1838, décrète que la culture des francophones du Canada doit être étouffée, et leur pouvoir parlementaire limité, sous prétexte qu’ils n’auraient produit ni histoire, ni littérature. En écrivant son ouvrage, Garneau veut démontrer qu’au contraire, ses compatriotes sont des combattants depuis toujours, et qu’ils partagent une culture française dont la portée est moderne et universelle. Il s’investit totalement dans la production de son œuvre en rognant sur tous ses moments de loisir, au point de sacrifier sa santé et d’abréger ses jours.

1809-1825. De la campagne à la ville

Né le 15 juin 1809, François-Xavier est l’aîné de cinq enfants. Ses parents, François-Xavier Garnault et Gertrude Amiot, originaires de Saint-Augustin-de-Desmaures, déménagent après leur mariage en 1808 dans un faubourg de Québec, Saint-Jean-Baptiste. Le père pratique plusieurs petits métiers : il est charretier, mais à l’occasion, il est tavernier et loue des chambres dans sa maison. La mère élève la famille et s’occupe du jardin. Québec compte à l’époque une quinzaine de milliers d’habitants. Le quartier de Garneau comprend environ 2 000 personnes, dont la grande majorité sont des « Canadiens », c’est-à-dire de souche française et de religion catholique.

À tous les points de vue, parce que son commerce et ses institutions politiques, judiciaires et militaires sont subordonnés à Londres, et parce qu’une forte proportion de Britanniques y vivent, Québec est une ville aussi « anglaise » que « française ». Elle possède tous les attributs de la capitale coloniale qu’elle est depuis sa fondation, avec la présence du gouverneur général, les cérémonies et les défilés religieux et militaires, les activités parlementaires et les débats politiques relayés par les journaux. Enfin, Québec est un grand port de mer, la porte d’accès pour le commerce entre le Royaume-Uni et l’intérieur du continent. Durant la guerre de 1812 avec les États-Unis et les années qui suivent, Garneau voit passer des milliers de militaires venus d’Angleterre pour assurer la défense du pays et de sa capitale.

Joseph-François Perrault (1753-1844)
Source : LAC/BAC, estampe exécutée par Napoléon Aubin (1812-1890)[1], probablement à Québec vers 1842. Domaine public.

Favorables à l’instruction, ses parents envoient François-Xavier dès l’âge de cinq ans chez un instituteur qui tient une école de quartier. Ils n’ont pas les moyens de lui offrir mieux, mais heureusement pour le garçon, un notable de la ville, le protonotaire Joseph-François Perrault (1753-1844), philanthrope et promoteur de l’instruction publique, ouvre en 1821 une école gratuite. Celle-ci fonctionne sur le principe de l’« enseignement mutuel » qui permet de démultiplier les ressources : un maître donne la classe, tandis qu’un groupe de moniteurs choisis parmi les meilleurs élèves assure l’ordre, distribue le matériel scolaire, relaie les instructions et corrige les devoirs. Les capacités et le sérieux de François étant vite remarqués, on lui donne la responsabilité d’un « moniteur général ».

En 1823, Perrault offre à Garneau de travailler à son bureau. Greffier de la Cour du Banc du Roi et encore actif à 70 ans, Perrault enregistre des procédures, rédige des jugements et conserve les actes des notaires décédés. Il écrit des ouvrages qui contribuent à la transmission du droit civil hérité de la Nouvelle-France, et des manuels pour les petites classes des écoles. À son contact, le jeune Garneau découvre la culture juridique, et classe, trie, copie ou archive des documents. Il rapporte aussi un peu d’argent à la maison, réduisant ainsi le fardeau de ses parents.

Perrault travaille et habite dans un petit domaine longeant la Grande Allée et situé à un quart d’heure de marche de la maison de la famille Garneau. Sa bibliothèque contient des ouvrages de philosophie, d’histoire et de belles lettres ; François-Xavier y découvre un panorama littéraire français et anglais. Dans ce petit manoir vit aussi Reine Perrault, une cousine du protonotaire, qui aide l’adolescent dans ses études.

1825-1831. Notariat

Archibald Campbell (1790-1862)
Source : Musée McCord, M981.213.1. Portrait exécuté par Théophile Hamel (1817-1870) à l’huile sur toile. CC BY-NC-ND 2.5.

Perrault est d’avis que Garneau est taillé pour le notariat. Il sert d’intermédiaire entre le jeune homme et le « notaire royal » Archibald Campbell, qui lui enseignera la profession pendant cinq ans. Campbell est le notaire le plus en vue de Québec, car en plus de veiller aux intérêts de la Couronne, il est aussi très actif chez les armateurs et les commerçants du port, ainsi que dans le marché immobilier. Issu d’une famille américaine, Campbell est aussi un francophile et un ami des arts, de la littérature et de l’histoire. Il voit en Garneau un brillant jeune homme capable d’augmenter ses affaires chez les Canadiens.

Pour sa part, Garneau pressent que Campbell lui assurera un bel avenir et la possibilité d’entrer dans l’élite de Québec. Durant les cinq années de sa formation, de 1825 à 1830, il apprend la précision et la logique des règles de droit, la notion d’authenticité des actes juridiques, la maîtrise de la langue française et du mot juste. Il reçoit la piqûre du voyage, car Campbell lui offre en 1828 d’accompagner un ami anglais pour un voyage de repos dans le Nord-Est du continent. Ce périple de plusieurs semaines bouleverse le jeune homme, qui découvre Boston, New York et des villes entreprenantes, ainsi que les territoires et les champs de bataille où ses ancêtres se sont illustrés du temps de la Nouvelle-France.

Enfin, Garneau développe le goût de l’expression poétique et politique. Il poursuit l’exploration de la littérature dans les bibliothèques de Perrault et de Campbell. Les œuvres et le génie français ont sa préférence, mais il se familiarise aussi avec les œuvres anglaises. Le romantisme littéraire l’invite à explorer sa personnalité et ses sentiments. Comme tous ses contemporains, il est captivé par l’épopée napoléonienne.

C’est probablement Campbell qui l’introduit à la Société littéraire et historique de Québec, où il rencontre Étienne Parent, le jeune directeur du journal Le Canadien. De fil en aiguille, Garneau épouse les idées de Parent, de Louis-Joseph Papineau et du Parti patriote qui cherchent à augmenter les pouvoirs des élus de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada à l’encontre du Gouverneur et du Conseil législatif nommés par Londres. Sa propre proximité avec les hommes d’affaires anglais et canadiens l’oblige toutefois à tempérer l’expression de ses idées, qu’il préfère communiquer dans des poèmes qu’il propose au journal Le Canadien.

1831-1833. Le voyage en Angleterre et en France

Après un an de pratique du notariat, Garneau décide de visiter la France et l’Angleterre durant l’été de 1831. À Paris, il veut découvrir le foyer de sa culture et assister au premier anniversaire de la révolution de 1830. À Londres, il veut constater le pouls de l’empire britannique. Toutefois, Denis-Benjamin Viger, délégué par la Chambre d’assemblée pour présenter les doléances des députés au gouvernement anglais, le retient pour l’assister dans sa mission. Garneau se trouve donc au cœur de l’action politique. Lui et Viger travaillent « comme des enthousiastes de la patrie », écrit-il à un ami.

Son engagement se poursuit jusqu’en 1833, deux années durant lesquelles il travaille au pied de la porte du pouvoir, et consacre ses loisirs à visiter des monuments, des musées, des théâtres, des salles de concert et des bibliothèques. Il prend contact avec des journalistes et des érudits qui s’intéressent à son pays. Il assiste aux grands débats parlementaires et aux manifestations populaires qui aboutissent à la grande réforme électorale de 1832. Dans les villes manufacturières, il découvre les grands écarts de richesse créés entre les capitalistes et la masse ouvrière par la révolution industrielle. Il constate aussi les tractations politiques à l’œuvre dans la métropole anglaise en matière coloniale et rencontre des Irlandais, des Écossais et des Polonais exilés, tous, comme lui, des amoureux de leur patrie. À la fin de cette longue escapade, il est convaincu qu’il a un rôle à jouer dans l’avenir de sa nation.

1833-1839. Sept ans de turbulences

À son retour à Québec en juin 1833, Garneau a 24 ans, l’âge des décisions cruciales. Il veut fonder une famille et poursuivre son ascension sociale, mais le notariat l’ennuie, et il est attiré par le journalisme, par la promotion de l’émancipation nationale et par la diffusion de la littérature et de la science. Il sollicite sans succès des emplois au Canadien et à la Chambre d’assemblée et poursuit donc sa carrière de notaire. Au tournant de 1833-1834, il fonde un journal hebdomadaire de littérature, de science et d’histoire, L’Abeille canadienne, mais l’expérience échoue, faute de soutien du public. Garneau continue néanmoins de publier des poèmes aux contenus historiques et patriotiques, ou aux préoccupations intimes. En outre, il s’associe de 1834 à 1836 à Théodore Besserer, effectue des traductions à la Chambre d’assemblée (1835), et s’engage comme caissier dans la succursale d’une banque anglaise (1837).

Le cumul des emplois à temps partiel lui permet de se marier en 1835 avec Esther Bilodeau, la fille d’un cultivateur établi à la Canardière, sur le chemin de Beauport. Sur une parcelle offerte par son beau-père, il construit une petite villa bourgeoise. Alfred, son premier enfant, y naît en 1836. Suivront huit autres naissances jusqu’en 1854, mais assombries par le décès de cinq enfants en bas âge.

Les débats parlementaires sont relayés par les journaux et politisent la société. La majorité canadienne à la Chambre d’assemblée prend conscience de la communauté de ses intérêts et de sa force de pression. La crise qui couve prend une teinte ethnique parce que le Gouverneur s’appuie sur la communauté des marchands anglais, hostile à la population de souche française, à sa mémoire et aux institutions héritées de la Nouvelle-France. Par contre, beaucoup d’anglophones partagent les revendications libérales et démocratiques des francophones et s’allient à eux. Il s’ensuit une montée de la tension politique qui porte sur le contrôle du gouvernement, des juges et des fonctionnaires ainsi sur la gestion des revenus et des dépenses publiques. La Chambre d’assemblée, inspirée par les idées républicaines du Parti patriote, exprime en 1834 ses revendications réunies en Quatre-Vingt Douze Résolutions.

Durant la polarisation, Garneau appuie le Parti patriote et reste lié à Papineau. Afin de ressusciter chez ses compatriotes une mémoire de lutte, il publie dans Le Canadien, de février à août 1837, une série de 29 « Extraits historiques » racontant les exploits militaires de ses compatriotes sous les régimes français et anglais. Il se rend compte, en même temps, de l’insuffisance de cette forme d’exposition de l’histoire, car les Canadiens « qui cherchent dans l’histoire des exemples ou des leçons » pour les guider ne seront satisfaits que par « une histoire complète », autrement dit cohérente et mieux documentée. Lorsque les esprits s’échauffent durant l’été 1837, il s’éloigne prudemment de l’agitation, tout en soutenant la cause de la liberté dans ses poèmes de 1838 et de 1839.

1840-1844. Virage vers l’histoire

Durant l’année 1840, Londres cristallise les clivages ethniques de sa colonie en imposant l’Union antidémocratique du Bas et du Haut-Canada, où la majorité d’origine française (sans compter les Autochtones, totalement privés de droits) subit le contrôle parlementaire de la minorité d’origine britannique. L’État et le Parlement sont réorganisés. La responsabilité ministérielle, pourtant promise par lord Durham, reste lettre morte. Au Bas-Canada, l’Union reconstitue contre elle… l’union des anciens réformistes.

Pour remonter le moral de ses compatriotes, Garneau se lance dans le projet audacieux d’écrire leur histoire dans un esprit libéral et laïque, ce qui le pousse à clarifier ses idées. Il s’explique dans une conférence donnée à Québec, en mai 1844, sur « le changement qui s’est opéré dans le caractère et dans les habitudes des Canadiens depuis qu’ils ont passé sous la domination britannique ». Relevant la « persévérance conservatrice dans l’unité » de ses compatriotes et leur « ténacité à leurs anciennes coutumes », il conclut qu’ils ont « montré, après les événements irritants de 1837, et l’injustice insultante de l’Acte d’Union, ce calme digne, énergique, imposant, qu’on ne voit que chez les peuples qui agissent par une conviction profonde basée sur la réflexion et l’intelligence éclairée de leurs intérêts ». Reformulant la devise consacrée du Canadien, il affirme que leur politique se décline ainsi : « Nos institutions, notre langue et nos lois, sous l’égide de l’Angleterre et de la liberté ».

Dans sa vie personnelle, Garneau opère de grands changements. En 1841, il quitte la Canardière pour vivre en ville et se rapprocher de ses divers emplois. La même année, il fonde un périodique culturel mais éphémère, L’Institut, sur le modèle amélioré de L’Abeille canadienne. En 1842, il abandonne le notariat au profit d’un poste de traducteur au Parlement, et se rapproche ainsi de sa bibliothèque, riche en livres d’histoire. En juillet 1844, il est engagé comme greffier par la Corporation municipale de Québec, s’assurant d’un revenu stable doublé d’une haute position sociale. Il multiplie les contacts avec les érudits en histoire Jacques Viger (l’ancien maire de Montréal et fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste), et Georges-Barthélemi Faribault (bibliothécaire du Parlement). Il renoue avec d’anciens patriotes élus sous la bannière antiunioniste, tels Étienne Parent et Augustin-Norbert Morin. Mais le surmenage provoque chez lui une crise d’épilepsie en 1843, un trouble neurologique dont il souffrira pendant le restant de ses jours.

1845-1847. Les deux premiers volumes de l’Histoire du Canada

Histoire du Canada de F.-X. Garneau (page titre)
Source : Biblio. de l’Université Laval, coll. « Livres rares ». Photo : Sophie Imbeault.

L’Histoire du Canada sort enfin en 1845. Tout le monde attend ce livre dont on sait, grâce à un énoncé de projet publié à la toute fin de 1843, qu’il révolutionnera la connaissance du pays. De fait, le « Discours préliminaire », soulevé par l’esprit de la liberté, situe Garneau parmi les continuateurs des Lumières philosophiques et les nouveaux historiens. Toutefois, les premiers lecteurs ne savent trop quoi penser et dire d’un ouvrage décalé de l’orientation conservatrice et religieuse du mouvement national.

Garneau innove de plusieurs manières. En premier lieu, il expose l’histoire du point de vue de la conquête de la liberté des Canadiens, ce qui le met en position de critiquer le pouvoir colonial français et le clergé catholique. Il offre un panorama des populations Autochtones, insistant sur leur intelligence et sur leurs qualités, mais soulignant aussi les mœurs et les croyances qui lui paraissent primitives. Il respecte néanmoins le principe d’impartialité dans ses jugements et s’appuie sur une pluralité de sources et de points de vue. Il couvre l’ensemble du continent, débordant de la vallée laurentienne. Il expose les diverses périodes sous la forme de « tableaux », décrivant les événements par blocs d’espace-temps.

Tous conviennent que son livre est un évènement littéraire majeur, mais le clergé catholique le reçoit très mal, car Garneau traite les questions religieuses de loin. Il reproche à l’historien de la Nouvelle-France, François-Xavier de Charlevoix, ses naïvetés superstitieuses ; il critique l’autoritarisme de Monseigneur de Laval ; il se moque du « quiétisme » de Marie de l’Incarnation (une doctrine visant à la perfection chrétienne par un état de quiétude confiante) ; il pense que si les protestants avaient été autorisés à peupler la Nouvelle-France, ils l’auraient dynamisée.

Louis-Joseph Papineau, vers 1836
Source : Asclepias, Wikimedia Commons, domaine public. Tableau d’Antoine Plamondon.

Dès qu’il lit les premières pages du livre, Jacques Viger, ultramontain en religion, organise avec le clergé de Québec une cabale pour obliger Garneau à modérer ses vues. Garneau continue cependant d’écrire sans dévier de sa route. Pour documenter les deux tomes suivants, il poursuit ses recherches dans les archives d’Albany, la capitale de l’État de New York, enrichies par des copies de documents de Paris et de Londres sur la Nouvelle-France, et qui ont été confiées à Edmund Bailey O’Callaghan, un chef patriote exilé. Il renoue également avec Louis-Joseph Papineau, de retour d’exil en 1845 avec d’autres documents copiés à Paris et le souvenir des luttes parlementaires auxquelles il a pris part.

Un travail fastidieux attend Garneau à la Corporation de Québec. Il assiste à toutes les réunions hebdomadaires du conseil municipal ainsi qu’à la plupart des réunions de comités (finances, aqueduc, incendie, santé publique, etc.), et en dresse les procès-verbaux. Il assure la correspondance officielle avec le gouvernement et avec les administrés, le déroulement des élections annuelles et la révision de la liste électorale. Lorsque deux incendies majeurs rasent les deux tiers de la ville en 1845 et que les réunions se multiplient, il est sur la brèche alors que son livre est sous impression. L’épuisement le guette. Dès la fin de l’année 1846, malade, il déserte le bureau et se fait remplacer pour certaines tâches. La fatigue est aggravée par l’épidémie de choléra de 1847 et la fièvre menace de l’emporter dans la tombe. Un conseiller municipal hostile tente de lui faire perdre son emploi en prétextant que ses absences nuisent au fonctionnement de l’Hôtel de Ville. Heureusement, la majorité des conseillers l’aident à rester en poste. À l’automne 1847, il est sauvé grâce aux bons soins du docteur Jean Blanchet, un médecin réputé de Québec.

1848-1855. Maturité

Garneau remet à l’imprimeur le manuscrit du troisième tome de son livre à la fin de l’année 1848. Une aide financière du gouvernement, £ 250, couvre en partie ses frais de production. Ce volume commence avec la guerre de conquête et se termine avec la constitution de 1791. Garneau y développe notamment le récit de la dernière bataille livrée en Nouvelle-France sous les murs de Québec (la « bataille de Sainte-Foy », en 1760), une victoire de ses compatriotes qui sert en quelque sorte de réplique à la défaite de l’année précédente. Contrairement à ce qu’avancent le clergé et les gens de pouvoir, Garneau ne considère pas la Conquête anglaise comme un événement « providentiel », bien au contraire : s’ils remportent des succès, les Canadiens le doivent à leur esprit de conservation et à leur unité. Les « trois grands symboles de [leur] nationalité [sont] la langue, les lois et la religion ». La même année, Garneau participe à la fondation de l’Institut canadien de Québec, le noyau du réseau actuel des bibliothèques de cette ville. Enfin, la plupart de ses poèmes, qui avaient paru de manière éphémère dans des journaux, sont rassemblés et réédités par James Huston dans le Répertoire national, un recueil des meilleurs écrits publiés dans la presse francophone.

Garneau avait prévu, à l’origine, arrêter son livre à la crise politique de 1828, où le sort du Bas-Canada a été mis en jeu, mais l’ouverture des archives et les confidences de plusieurs acteurs l’amènent à se rendre jusqu’à l’Union de 1840, autrement dit, jusqu’à l’histoire du temps présent. Son quatrième tome, qui coïncide avec la sortie d’une deuxième édition, paraît en 1852. Dans l’analyse des événements et de leurs conséquences, il critique le rôle joué par Louis-Hippolyte Lafontaine et Augustin-Norbert Morin, car il juge que ces jeunes députés, en radicalisant le mouvement par des discours enflammés, ont entraîné Papineau dans un soulèvement armé sans une préparation militaire suffisante, et ont entraîné une débâcle. Pire encore à ses yeux, Londres les aurait récompensés en leur offrant des postes au gouvernement provincial.

En 1848, les libéraux de Lafontaine et de Baldwin, majoritaires au Parlement, avaient pris le pouvoir en vertu du principe de la responsabilité ministérielle. Mais l’année suivante, l’opposition des Torys à l’indemnisation des Canadiens ruinés par la répression militaire de 1837 et 1838 débouche sur une émeute et sur l’incendie du Parlement. Le Gouverneur général, lord Elgin, déplace le siège du gouvernement à Toronto, tandis que des pétitions de soutien lui sont acheminées. Garneau se joint au mouvement en écrivant à Elgin une lettre datée du 19 mai 1849 où il rappelle qu’il a écrit son livre « dans le but de rétablir la vérité si souvent défigurée et de repousser les attaques et les insultes dont mes compatriotes ont été et sont encore journellement l’objet de la part d’hommes qui voudraient les opprimer et les exploiter tout à la fois. » Après Toronto (1849-1851), la capitale retourne à Québec (1851-1855), puis de nouveau à Toronto. Le déménagement de 1855 entraîne une perte non seulement politique, mais économique pour Québec. Responsable des élections annuelles, Garneau doit réviser la liste électorale, une tâche alourdie à partir de 1855 par le scrutin secret et en 1856, par l’élection séparée des conseillers et du maire.

Bulletin de vote signé par F.-X. Garneau, 1860
Collection privée. Photo : Sophie Imbeault.

La découverte des restes des soldats anonymes enterrés après la bataille victorieuse de 1760 pousse la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec à organiser une grandiose cérémonie publique inspirée par le récit de Garneau, et à projeter un monument commémoratif. Une première célébration est organisée en 1854 pour ré-inhumer les restes des « Braves » tombés au combat. L’année suivante, la pose de la pierre angulaire du monument coïncide avec un autre événement, la venue du navire militaire français La Capricieuse, qui inaugure les retrouvailles officielles entre le Québec et la France après un siècle de séparation. Garneau est en vedette lorsqu’il reçoit la visite personnelle du chef de la mission française, le commandant Henri de Belvèze.

Entre-temps, la notoriété internationale de l’historien s’accroît, car les savants étrangers, tels que le géologue français Jules Marcou, le géographe allemand J. G. Kohl ou l’homme de lettres français Xavier Marmier, lui rendent visite pour découvrir Québec et rencontrer d’autres érudits. Ces va-et-vient convainquent l’historien de rédiger un reportage sur son séjour européen de 1831-1833, lequel paraît en feuilleton en 27 tranches dans le Journal de Québec durant les années 1854 et 1855. Garneau confirme sa polyvalence littéraire en démontrant l’étendue de sa culture et de ses jugements sur la société et la politique du Royaume-Uni, de la France et des États-Unis.

1856-1861. Apogée

La consolidation de l’instruction publique au Bas-Canada (Québec) par Pierre-Joseph-Olivier Chauveau à partir de 1856 provoque un besoin de manuels dans toutes les matières, y compris l’histoire. Les imprimeurs clairvoyants veulent investir ce marché. À Québec, Augustin Côté offre à Garneau de rédiger une histoire du Canada pour un montant forfaitaire de £ 100. L’historien résume son ouvrage de plus de mille pages à quelques centaines seulement d’un plus petit format. Il en ôte les considérations qui incommodent le clergé, car l’approbation de l’Église est nécessaire pour que le livre circule dans les écoles. Intitulé Abrégé de l’histoire du Canada, ce premier manuel d’histoire nationale remporte un bon succès.

La même année, un autre mandat se présente à Garneau : la Ville de Québec lui offre de rédiger un plaidoyer pour récupérer le titre de capitale perdu en 1840. En effet, incapables de parvenir à une décision sur le choix du siège du gouvernement, les parlementaires du Canada-Uni demandent au gouvernement anglais d’arbitrer entre cinq villes concurrentes du Haut-Canada (Ontario), Montréal et Québec. Garneau insiste sur l’ancienneté de cette dernière, sur ses défenses militaires, sur son accès à la mer, sur la cohabitation harmonieuse de ses habitants d’origines diverses. Toutefois, le Gouverneur général, sir Francis Head, milite en secret pour Ottawa et convainc la reine Victoria de choisir celle-ci en 1857.

Avec l’aide de son fils Alfred, Garneau publie en 1859 une troisième édition mise à jour de son œuvre. Peu de temps après, il cède gratuitement les droits de traduction à l’imprimeur John Lovell pour la production d’une édition anglaise, en espérant que son plaidoyer pour les francophones rayonne chez les anglophones. Il est ulcéré lorsqu’il découvre que le traducteur, Andrew Bell, en a trahi l’esprit en modifiant plusieurs passages.

1862-1866. Dernières conclusions de l’Histoire du Canada, retraite et décès

L’idée de fédérer les colonies britanniques d’Amérique du Nord tout en leur accordant une autonomie interne fait son chemin. Au cours des années 1860, les parlementaires discutent de la nature et de la constitution du futur « dominion ». Les francophones y voient une occasion de faire reconnaître leurs droits collectifs. En historien tourné vers l’avenir, Garneau suit les débats de près et veut y apporter sa contribution en décelant les intentions profondes du gouvernement anglais, et en proposant à ses compatriotes une vision d’avenir. Le 21 juillet 1862, il publie dans un journal de Québec, le Courrier du Canada, une « Conclusion d’histoire » où il aborde trois questions : 1) peut-on trouver, dans la trame historique de l’Angleterre, une explication à l’Union qu’elle impose aux Canadiens ? 2) comment faut-il juger la participation des francophones aux institutions de l’Union, conçues pour les étouffer ? Et 3) quel est l’avenir de la « nationalité » française en Amérique ?

Il examine d’abord la manière dont l’Angleterre a absorbé la conquête normande en « fusionnant » les « races » (ethnies) saxonne et française. Il se tourne ensuite vers l’absorption de l’Écosse au sein du Royaume-Uni en 1707, puis celle de l’Irlande en 1800. La conclusion est claire : l’Angleterre a combiné l’agression militaire, la coercition économique et la corruption des chefs pour dominer ses voisines, et cherche à appliquer cette recette au Bas-Canada. Après la Conquête, poursuit-il, Londres n’a pas réussi à assimiler la population d’origine française, car la guerre d’indépendance états-unienne et la faiblesse de l’immigration britannique ont déjoué ses projets. L’Union législative et une forte immigration, solutions proposées par lord Durham, visent à résoudre son problème. Pour y faire face et progresser dans le sens de leur histoire, les Canadiens doivent donc s’appuyer sur leur « nationalité française », dont la France constitue le foyer naturel. Un autre facteur joue en leur faveur : les États-Unis vont peut-être disparaître bientôt dans la Guerre de Sécession en cours. Or, en Amérique, le futur appartiendra à une pluralité de nations dont les territoires auront « l’étendue nécessaire pour assurer un gouvernement fort et éclairé à chacune d’elles. » Pour que l’avenir tourne à leur avantage, « les Canadiens-Français doivent donc toujours défendre et conserver leurs lois et leur nationalité puisqu’ils ne feront que travailler à leur bonheur et à leur gloire ».

Deux ans plus tard, Garneau augmente cette conclusion dans un autre article publié dans le numéro de juillet de la Revue canadienne. Il souligne que lord Durham lui-même réclamait l’union fédérale de toutes les colonies anglaises. Sa mise en garde est implicite : si elle est réalisée dans l’esprit de domination de l’Union, la future fédération marginalisera davantage les francophones.

Maison de la rue Saint-Flavien (Québec) où F.-X. Garneau est décédé
Photo : Sophie Imbeault

Jamais satisfait de son livre, Garneau s’est attelé entre-temps à la préparation d’une quatrième édition. Mais parce que le travail de greffier est devenu épuisant pour lui, il prend sa retraite en mai 1864. Pendant ses deux dernières années de vie, sa santé continue de décliner. En janvier 1866, il s’affaisse devant chez lui, rue Saint-Flavien, et contracte une pleurésie dont il meurt dans la nuit du 2 au 3 février à l’âge de 56 ans. La nouvelle n’est pas inattendue, car les journaux suivent l’évolution de la maladie d’un des enfants les plus éminents de Québec. Quelques jours plus tard se déroulent des funérailles auxquelles participent les plus hauts dignitaires et hommes politiques de la ville.

Tombeau de F.-X. Garneau au cimetière Notre-Dame-de-Belmont (Québec)
Photo : Sophie Imbeault

L’historien étant mort lourdement endetté, ses amis et admirateurs organisent une campagne de souscription pour lui offrir un monument funéraire. À l’occasion de son inhumation définitive dans le cimetière Notre-Dame de Belmont, en septembre 1867, la famille se rassemble, entourée par 2 000 personnes. Le nouveau premier ministre du Québec, P.-J.-O. Chauveau, prononce une oraison funèbre chargée d’émotion et rappelant l’œuvre poétique, historique et commémorative de Garneau. « Ici, dit-il, vos restes mortels reposeront sous cette pierre tumulaire [tombale], sur ce champ de bataille que vous avez célébré, non loin de cet autre monument que vous avez eu la joie de voir élever à nos héros, au milieu de cette grande nature que vous avez si bien appréciée. […] Ces lumières errantes de notre ciel boréal, que vous avez aussi chantées, se réuniront au-dessus de vous en couronne aux mille couleurs. Les restes des héros, qui vous entourent, tressailliront peut-être auprès des vôtres, les derniers indigènes dont vous avez reproduit la plainte erreront autour de cette enceinte […]. Adieu, encore une fois, adieu ! »

En 1912, on inaugure un imposant monument conçu par l’artiste français Paul Chevré à la mémoire de l’historien, sur les terrains de l’Hôtel du Parlement de Québec.

Monument F.-X. Garneau, Grande Allée (Québec)
Photo : Sophie Imbeault

Lire Garneau en 2020

La pertinence de lire l’œuvre de Garneau aujourd’hui se situe au croisement de deux axes. D’une part, Garneau a conçu l’histoire comme la reconstitution d’un sentiment d’identité nationale qui s’appuie sur plusieurs fondements, notamment la fameuse devise « nos institutions, notre langue et nos lois », mais aussi sur une anglophilie bon teint, sur la notion de droits et de libertés, et sur une adhésion tempérée à la foi catholique, le clergé étant tenu à l’écart des affaires de l’État.

D’autre part, il a élevé l’histoire au statut de « science analytique rigoureuse » que son discours préliminaire décrit comme étant « non seulement les faits, mais leurs causes, […] indiqués avec discernement et précision, afin qu’on puisse juger des uns par les autres », et élaborés à la suite d’une « critique sévère [qui] rejette tout ce qui ne porte pas en soi le cachet de la vérité. » Garneau a montré comment appliquer ces principes : rechercher les meilleures sources, les croiser, les publier et les analyser, travailler en collaboration avec d’autres chercheurs, accepter le débat.

L’Histoire du Canada n’est donc pas un texte sacré traçant une voie à suivre immuable, mais l’expression d’une préoccupation sur la nature de la nation québécoise, ses origines, son destin, et le rôle qu’elle doit jouer dans le contexte nord-américain et dans le monde. Les questions que pose Garneau sont intensément actuelles. C’est parce qu’il a combiné avec succès la visée politique et la visée savante de l’histoire, et a ainsi démontré qu’il est légitime de rattacher la science aux préoccupations de la Cité, que Garneau a été applaudi de son vivant comme l’« historien national ».

En savoir plus

Études sur François-Xavier Garneau

- Patrice Groulx, François-Xavier Garneau. Poète, historien et patriote, Montréal, Éditions du Boréal, 2020, 282 p.
- Micheline Cambron (dir.), « L’œuvre de François-Xavier Garneau. De l’Histoire et du savoir historique », dossier du Bulletin d’histoire politique , volume 27, numéro 1, Automne 2018.
- Maxime Raymond-Dufour, L’Universel et le national. Une étude des consciences historiques au Canada français de la première moitié du XIXe siècle, thèse de doctorat (histoire), Paris 4 et Université de Montréal, 2017.
- Fernande Roy, « 1845 • François-Xavier Garneau. Histoire du Canada », dans Claude Corbo (dir.), Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien. Aux origines d’une tradition culturelle, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2014, p. 163-176.
- Jean-Jacques Defert et Claude Couture, Récits du XIXe siècle. Structure et contenu du discours historiographique au Canada au XIXe siecle. Garneau, Kingsford, Rameau de Saint Père, Smith, Québec, Presses de l’Université Laval, 2009, 147 p.
- Pierre Savard, « Garneau, François-Xavier », The Canadian Encyclopedia/L’Encyclopédie canadienne, 2008. Mise à jour en 2015.
- Joël Lagrandeur, L’Histoire du Canada de F.-X. Garneau et sa traduction anglaise. Analyse comparative de deux livres, mémoire de maîtrise (littérature), Université de Montréal, 2006.
- Gilles Gallichan, Kenneth Landry et Denis Saint-Jacques (dir.), François-Xavier Garneau, une figure nationale, Québec, Éditions Nota bene, 1998, 398 p.
- « Histoire et littérature au Québec. La double naissance », dossier des Cahiers d’histoire du Québec au XXe siècle, n° 9, printemps 1998.
- Marie-Hélène Berréhar, François-Xavier Garneau et Jules Michelet. Figures du peuple, Montréal, Centre d’études québécoises (CÉTUQ), Université de Montréal, 1997, 128 p.
- Jean-Marc Barette, Répertoire numérique du Fonds François-Xavier-Garneau, du Fonds Alfred-Garneau, de la Collection Alfred-Garneau et du Fonds Hector-Garneau, Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa, 1995, 135 p.
- Julie Potvin, Le « Discours préliminaire » de F.-X. Garneau. Description et lectures, mémoire de maîtrise (littérature), Université McGill, 1995, 134 p.
- Gérard Bergeron, Lire François-Xavier Garneau, 1809-1866. « historien national », Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994, 244 p.
- Gilles Marcotte (dir.), « François-Xavier Garneau et son histoire », dans Études françaises, volume 30, numéro 3, hiver 1994.
- « Garneau, François-Xavier (1809-1866) », Réginald Hamel, John Hare, Paul Wyczynski (dir.), Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, p. 568-572.
- Pierre Savard et Paul Wyczynski, « Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours, de François-Xavier Garneau », Maurice Lemire (dir.), Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, tome I, « Des origines à 1900 », Montréal, Éditions Fides, 1980, p. 347-355.
- Serge Gagnon, Le Québec et ses historiens de 1840 à 1920. La Nouvelle-France de Garneau à Groulx, Québec, Presses de l’Université Laval, 1978, 474 p.
- Pierre Savard et Paul Wyczynski, « Garneau, François-Xavier », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval et University of Toronto, 1977.
- National Library of Canada/Bibliothèque nationale du Canada, François-Xavier Garneau. 1809-1866, Ottawa, 1977, 80 p.
- Paul Wyczynski (dir.), François-Xavier Garneau. Aspects littéraires de son œuvre, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, 1966, 207 p.
- David Ronald Mawer, The Return of the Catholic Past. The Debate Between François-Xavier Garneau and his Critics, 1831-1945, thèse de doctorat (religion), Université McGill, 1977, 578 p.
- Gustave Lanctot, Garneau, historien national, Montréal, Éditions Fides, 1946, 205 p.
- Centenaire de l’Histoire du Canada de François-Xavier Garneau. Deuxième semaine d’histoire à l’Université de Montréal, 23-27 avril 1945, Montréal, Société historique de Montréal, 1945, 460 p.
- Abbé Georges Robitaille, Études sur Garneau. Critique historique, Montréal, Librairie d’Action canadienne-française, 1929, 253 p.
- Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, François-Xavier Garneau. Sa vie et ses oeuvres, Montréal, Beauchemin & Valois, 1883, 281 p.
- Abbé Henri-Raymond Casgrain, F.X. Garneau, Québec, J.N. Duquet, 1866, 135 p.

Éditions de l’Histoire du Canada de François-Xavier Garneau

NOTES : Cette liste n’est pas exhaustive. La traduction anglaise de l’Histoire du Canada par Andrew Bell a été désapprouvée par Garneau à cause de modifications qui en trahissent l’esprit. Aussi, il faut remarquer que dans les premières éditions, les tomes n’ont pas nécessairement tous paru chez le même éditeur. Nous n’indiquons ci-bas que l’éditeur du premier tome.

- Histoire du Canada. Discours préliminaire. Livres I et II, Montréal, Bibliothèque québécoise, 1996 et 2008, 254 p. Présentation de Gilles Marcotte.
- Histoire du Canada, Montréal, Éditions en l’Arbre, 1944-1946, 9 tomes.
- Histoire du Canada, Paris, Félix Alcan, 1928, deux tomes.
- Histoire du Canada, Paris, Félix Alcan, 1920, deux tomes. Sixième édition, revue, annotée et publiée avec une introduction et des appendices par son petit-fils Hector Garneau. Préface de M. Gabriel Hanotaux, de l’Académie française.
- Histoire du Canada, Paris, Félix Alcan, 1913-1920, deux tomes. Cinquième édition, revue, annotée et publiée avec une introduction et des appendices par son petit-fils Hector Garneau. Préface de M. Gabriel Hanotaux, de l’Académie française.
- Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours, Montréal, Beauchemin & Valois, 1882-1883, quatre tomes. Quatrième édition. Précédée d’une étude sur la vie et les œuvres de l’auteur par M. Chauveau, et d’une table analytique.
- History of Canada from the Time of its Discovery till the Union Year (1840-41). Translated from “L’Histoire du Canada” of F.-X. Garneau, Esq. and Accompanied with Illustrative Notes, Etc., Etc., by Andrew Bell, Montréal, John Lovell, 1860, 3 vol. Édition corrigé chez le même éditeur en 1862.
- Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours, Québec, P. Lamoureux, 1859, trois tomes. Troisième édition revue et corrigée.
- Abrégé de l’Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à 1840. À l’usage des maisons d’éducation, Québec, Augustin Côté, 1858, 197 p. 2e édition, revue et corrigée par l’auteur.
- Abrégé de l’Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à 1840. À l’usage des maisons d’éducation, Québec, Augustin Côté, 1856, 247 p.
- Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours, Québec, John Lovell, 1852, trois tomes. Deuxième édition corrigée et augmentée.
- Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours, Québec, Napoléon Aubin, 1845-1852, quatre tomes.

Autres œuvres de François-Xavier Garneau

- Poésies de François-Xavier Garneau, Québec, Presses de l’Université Laval, 2012, 476 p. Texte établi et annoté par Yolande Grisé et Paul Wyczynski.
- Poèmes, Québec, Éditions Nota bene, 2008, 171 p. Édition intégrale préparée sous la direction de François Dumont ; postface de Robert Melançon.
- Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, 1968, 379 p. Édition critique de Paul Wyczynski.
- Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833, Québec, Augustin Coté & cie, 1855, 252 p.

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