Accueil du site >Actualité >Un cours sur le Québec contemporain pour tous les étudiants des (...)

Un cours sur le Québec contemporain pour tous les étudiants des cégeps

lundi 25 février 2013

SAINTE-THÉRÈSE, QC, le 22 février 2013. /CNW Telbec/ — L’Association des professeures et des professeurs d’histoire des collèges du Québec (APHCQ), membre de la Coalition pour l’histoire, tient à saluer le geste du ministère de l’Enseignement supérieur qui a entrepris de réunir tous les intervenants du milieu lors du Sommet sur l’enseignement supérieur qui se tiendra les 25 et 26 février prochains. Toutefois, bien qu’elle reconnaisse que le financement des universités et les droits de scolarité soient des enjeux cruciaux, l’APHCQ regrette que cela retarde l’examen de questions tout aussi importantes qui concernent la mission des collèges et des universités.

L’APHCQ souhaite notamment attirer l’attention sur une grave lacune de la formation à l’ordre d’enseignement collégial. Alors que la visée fondamentale des cégeps est le « développement intégral de la personne », rien dans la formation ne prévoit que les étudiants, au terme de leurs études, soient en mesure de comprendre les origines et les caractéristiques de la société québécoise actuelle. L’APHCQ croit qu’il serait opportun de créer, dans la formation générale au collégial, un cours sur le Québec contemporain, son histoire, sa culture et ses institutions.

Il y a quarante-cinq ans, lors de la création des cégeps, la formation générale offerte à tous les étudiants visait à assurer la maîtrise de la langue, le développement d’une pensée autonome critique et la pratique de l’activité physique. Cette formation générale fut assortie de cours obligatoires en français, en philosophie et en éducation physique. En 1993, la réforme Robillard introduisait l’enseignement de la langue seconde dans la formation générale. Le moment est venu de procéder à un nouvel élargissement.

Des travaux récents ont montré que moins du quart des cégépiens ont suivi un cours d’histoire en 2008 et moins de 5% ont suivi un cours sur l’histoire du Québec [1]. De plus, l’examen de l’ensemble des programmes indique un effacement graduel de toute référence au Québec comme cadre d’application des compétences. Ainsi, le mot « Québec » n’apparaît qu’une seule fois dans le descriptif de la formation générale, en rapport avec le cours « littérature québécoise ». La situation nous semble alarmante, compte tenu du fait que c’est souvent lors de leur séjour au cégep que les jeunes adultes qui le fréquentent vivent leurs premières expériences professionnelles et citoyennes significatives.

Au terme d’une consultation auprès de ses membres, l’APHCQ propose qu’un cours de la formation générale portant sur les institutions, la culture et le passé du Québec soit offert à tous les étudiants des cégeps afin de leur fournir des méthodes de travail, des outils d’analyse ainsi qu’un corps de connaissances propre à parfaire leur formation, à élargir leurs horizons et à mieux les préparer à jouer un rôle actif et positif à titre de citoyens du Québec.

L’APHCQ demande donc au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science, et de la Technologie, ainsi qu’au gouvernement du Québec, de considérer dès maintenant l’ajout d’un cours de sciences humaines sur le Québec contemporain dans la formation générale des cégeps et d’employer tous leurs efforts à la réalisation de cet objectif.

* * *

Fondée en 1994, l’APHCQ rassemble des enseignants en histoire œuvrant dans le réseau collégial. Regroupant aujourd’hui une centaine de membres provenant d’une trentaine de collèges, elle permet aux professeurs de toutes les régions du Québec d’être en contact et d’échanger sur leur pratique, notamment lors du congrès annuel ou par le biais du Bulletin trimestriel. Formée d’historiens, l’APHCQ cherche aussi à être au cœur de tous les débats touchant l’enseignement de l’histoire.

Notes

[1] Myriam D’ARCY et Gilles LAPORTE. « L’enseignement de l’histoire au cégep », L’Action nationale, vol. 101, no 2, février 2011, p. 39-87.

Partager cet articlePartager cet article URL doc
« Nulle nation, si petite soit-elle, n’a l’obligation, encore moins le devoir d’accepter le génocide par complaisance pour un plus puissant. Le droit des petites nations à la vie n’est inférieur en rien au droit des grandes nations. »
Lionel Groulx, 1964.
SPIP | | Plan du site | Crédits | Suivre la vie du site RSS 2.0