Le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) est fier de dévoiler la programmation des activités de la Journée nationale des patriotes qui se tiendront partout au Québec au cours des prochains jours. Lundi 21 mai prochain, le Québec célèbrera le 10e anniversaire de la Journée nationale des patriotes sous le thème « En avant ! Patriotes depuis 1837 » qui souligne l’apport des patriotes québécois de toutes les époques.
Plus d’une quarantaine d’activités sont proposées au public par divers groupes qui permettront d’en apprendre davantage sur cette période charnière de notre histoire nationale et sur l’importance de participer à la vie démocratique. On célèbrera les patriotes dans toutes les régions du Québec par le biais d’activités festives, commémoratives et éducatives. La population est invitée à consulter la programmation complète qui se trouve en ligne à http://www.journeedespatriotes.qc.ca/index.shtml et dans les pages du Fleurdelisé, journal officiel du MNQ, qui sera disponible dans l’édition du 19 mai du Devoir.
La présidente du MNQ, madame Chantale Trottier, s’est dit très fière que le MNQ coordonne encore cette année les principales activités de la Journée nationale des patriotes : « Le Mouvement national des Québécois est fier de s’associer à une journée de commémoration qui est celle de tous les Québécois et qui représente bien la charge universelle de notre expérience historique. Car y a-t-il quelque chose de plus universel qu’un peuple qui lutte pour son existence, pour conserver son identité, en honorant l’idéal de la liberté démocratique ? ».
Le MNQ et ses sociétés affiliées sont heureux de pouvoir compter sur l’appui de prestigieux partenaires qui rendent possible la tenue des activités partout au Québec tel que la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fondation Lionel-Groulx, Le Devoir, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats (CSQ), la Fédération autonome des enseignants (FAE), la Société des professeurs d’histoire du Québec (SPHQ) et l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec.
La Journée nationale des patriotes a été proclamée par le gouvernement du Québec, en novembre 2002, pour que le lundi précédant le 25 mai souligne désormais « la lutte des Patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l’obtention d’un système de gouvernement démocratique. »
Fondé en 1947, le Mouvement national des Québécoises et Québécois regroupe aujourd’hui dix-huit Sociétés nationales et Sociétés Saint-Jean-Baptiste réparties sur tout le territoire du Québec et compte, au total, quelque 110 000 membres. Il a pour mission de défendre et promouvoir l’identité québécoise, la langue, l’histoire, la culture et le patrimoine.
Intitulée « Le 3 juillet 1608 — La fondation de Québec : les Français s’installent en Amérique du Nord » et présentée le 13 octobre 2011 à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque, la conférence de Jacques Lacoursière est maintenant accessible pour écoute sur notre portail.
Rappelons que cette conférence était la première de la série Dix journées qui ont fait le Québec réalisée par la Fondation Lionel-Groulx en collaboration avec BAnQ et VOX.
Rappelons également que la captation télévisuelle de cette conférence a été réalisée par l’équipe de VOX et diffusée sur les ondes de VOX les 13, 14 et 19 novembre 2011. Elle peut toujours être écoutée via le service Illico de Vidéotron.
Hier avait lieu à la Fondation Lionel-Groulx le lancement du livre Portraits de Patriotes 1837-1838. Œuvres de Jean-Joseph Girouard réalisé par l’historien Jonathan Lemire et publié chez VLB éditeur. Plusieurs invités étaient présents dont M. Claude Béland, président du conseil de la Fondation, M. Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, M. Daniel Paillé, chef du Bloc Québécois et M. Pierre-Karl Péladeau, président de Quebecor.
L’album, magnifique ouvrage de référence, rassemble une centaine de portraits de Patriotes croqués sur le vif en 1838, derrière les barreaux de la prison du Pied-du-Courant, par le notaire Jean-Joseph Girouard, député du comté des Deux-Montagnes, qui y était incarcéré pour sa participation à l’insurrection. Chaque portrait est accompagné d’une biographie.
Rappelons que la Fondation Lionel-Groulx est un partenaires majeur du Mouvement national des Québécoises et des Québécois dans la promotion de la Journée nationale des patriotes qui se tient chaque année le lundi qui précède le 25 mai. Pour plus d’information sur cette Journée, cliquez sur la bannière suivante :
La Fondation Lionel-Groulx vous invite à consulter la nouvelle section de son portail Internet qui présente la composition de tous les conseil d’administration de la Fondation depuis 1956.
Les pages de cette nouvelle section suivent le modèle de la page du conseil d’administration actuel qui comprend pour chaque membre une notice biographique et lorsque possible une photo. Pour accéder à la section :
Huit maisons d’édition ont soumis cette année 13 essais au Prix Jean-Éthier-Blais de critique littéraire. Il s’agit de :
Éditions du Boréal
Éditions du Noroît
Éditions Hurtubise
Groupe Ville-Marie littérature
Guérin éditeur
Presses de l’Université de Montréal
Presses de l’Université du Québec
Presses de l’Université Laval
Le jury du prix composé de Catherine Leclerc, professeure au département de langue et littérature françaises de l’Université McGill et de Jean-François Bourgeault, professeur de littérature au collège Saint-Laurent, et présidé par Gilles Dupuis, professeur au département des littératures de langue française de l’Université de Montréal, est maintenant au travail. Son choix sera connu en octobre prochain.
Le président de la Fondation Lionel-Groulx, M. Claude Béland, et le porte-parole de la Coalition pour l’histoire, M. Robert Comeau, ont dévoilé aujourd’hui les résultats d’un sondage commandé par la Fondation Lionel-Groulx et réalisé par Léger Marketing sur l’enseignement de l’histoire du Québec.
Une insatisfaction partagée par un grand nombre de citoyens
Le sondage montre que les Québécois, en particulier les Québécois francophones, sont mécontents de l’enseignement de l’histoire du Québec dans le réseau scolaire. Ainsi, moins du quart (24%) des personnes interrogées sont d’avis que le nombre de cours d’histoire est suffisant. Une proportion de 52% (59% chez les francophones) juge au contraire le nombre de cours insuffisant. 48% des Québécois francophones se déclarent en outre globalement insatisfaits de la qualité de l’enseignement de l’histoire du Québec contre 32% qui s’estiment satisfaits.
« Ces données viennent confirmer que, contrairement à ce que prétendent les tenants du statu quo, les inquiétudes exprimées depuis plusieurs années par les membres de la Coalition pour l’histoire et documentées par trois études rigoureuses ne sont pas le fait d’un groupe marginal mais sont au contraire partagées par un grand nombre de citoyens », déclare M. Robert Comeau, porte-parole de la Coalition.
Un appui solide aux propositions de la Coalition pour l’histoire
Le sondage témoigne d’un appui solide de l’opinion publique aux principales propositions mises de l’avant par la Coalition pour l’histoire. Ainsi, près de neuf personnes sur dix (87%) considèrent important qu’à la fin de leur cours secondaire, les élèves aient acquis une bonne connaissance des grands moments et des grands personnages de l’histoire du Québec, alors que le programme actuel tend à effacer cet enseignement. De plus, à l’instar de la Coalition pour l’histoire, 58% des Québécois (65% des francophones) estiment insuffisante la formation universitaire en histoire donnée aux futurs professeurs d’histoire au secondaire.
Par ailleurs, alors que l’offre de cours en histoire du Québec décline dans le réseau collégial et que moins de 5% des collégiens suivent un cours d’histoire du Québec, 73% des Québécois (79% des francophones) croient qu’un cours obligatoire d’histoire du Québec doit être instauré pour tous les étudiants de cégep.
Enfin, au moment où l’histoire politique de la nation québécoise est négligée dans l’enseignement et la recherche universitaires, la moitié des Québécois (54% des francophones) considèrent au contraire que les départements d’histoire devraient en faire une de leurs priorités.
Pour M. Claude Béland, président de la Fondation Lionel-Groulx, les résultats de cette enquête d’opinion interpellent directement la ministre de l’Éducation et le Premier ministre : « après les études réalisées par la Coalition pour l’histoire, après la pétition à l’Assemblée nationale signée par plus de 6 000 de nos concitoyens, après ce sondage plus que révélateur, le gouvernement québécois doit cesser de faire la sourde oreille et poser d’urgence des gestes concrets pour revaloriser l’enseignement de l’histoire du Québec dans notre réseau scolaire. »
Méthodologie
L’étude a été réalisée par sondage Internet auprès d’un échantillon représentatif de 912 Québécoises et Québécois. Un échantillon probabiliste de cette taille comporterait une marge d’erreur maximale de + ou - 3,3% et ce, 19 fois sur 20. Les entrevues ont été effectuées les 21 et 22 mars 2012.
Télécharger le rapport d’étude au format PDF :
Quelque 150 000 personnes ont écouté, en tout et en partie, l’une ou l’autre des quatre premières conférences de notre série Dix journées qui ont fait le Québec diffusées sur les ondes du canal VOX, pour une audience moyenne par conférence d’environ 38 000 (en comptant celles et ceux qui ont fait le déplacement à la Grande Bibliothèque).
Il s’agit là, bien sûr, d’un auditoire modeste comparé aux cotes d’écoute des émissions de divertissement mais pour ce type de production, on peut parler d’un véritable succès. Peu de conférenciers peuvent en effet se vanter d’avoir rejoint en une seule prestation un si grand nombre d’auditeurs.
N’est-ce pas là un témoignage convaincant de l’ intérêt manifeste qui existe aujourd’hui pour l’histoire du Québec, notre « grande aventure » ?
C’est sous le thème « L’histoire du Québec : NOTRE grande aventure » que la Fondation Lionel-Groulx vient de lancer sa campagne annuelle d’adhésion et de financement afin d’accroître son nombre de membres associés et ses ressources.
En 2011, grâce aux contributions de ses membres, la Fondation a pu héberger la Coalition pour l’histoire et coordonner ses actions, financer des recherches sur l’enseignement de l’histoire dans le réseau scolaire québécois, organiser des conférences publiques, par exemple la série Dix journées qui ont fait le Québec qui connaît un grand succès, soutenir la tenue de colloques, la publication de livres et de revues, l’organisation d’événements, par exemple la Journée nationale des Patriotes… sans oublier la numérisation de l’œuvre de Lionel Groulx, le développement de notre portail Internet, la remise du prix Jean-Éthier-Blais et le soutien au Mouvement Québec français !
En 2012, nous souhaitons poursuivre sur cette lancée. Pour cela, il nous faut compter sur la générosité des Québécoises et des Québécois qui partagent notre passion pour le Québec et son histoire.
La Fondation Lionel-Groulx, rappelons-le, est la seule fondation qui se consacre à la promotion de l’histoire du Québec, « notre grande aventure » qui mérite d’être racontée aux jeunes générations et à toutes les personnes qui viennent d’ailleurs pour s’inscrire dans cette histoire.
Merci de participer à cette grande aventure en nous soutenant !
Deux façons de participer s’offrent à vous :
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Intitulée « Le 10 février 1763 — Le traité de Paris : la France peut être heureuse sans Québec » et présentée le 23 février 2012 à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque, le texte de la passionnante conférence de Denis Vaugeois est maintenant accessible en ligne sur notre portail.
Rappelons que cette conférence était la quatrième de la série Dix journées qui ont fait le Québec réalisée par la Fondation Lionel-Groulx en collaboration avec BAnQ et VOX.
Rappelons également que la captation télévisuelle de cette conférence sera présentée sur les ondes de VOX le dimanche 11 mars à 18 h et 22 h, puis en rediffusion le mardi 13 mars à 23 h, le mercredi 14 mars à 9 h, le jeudi 15 mars à 14 h et le samedi 17 mars à 22 h.
Montréal (Québec), le 5 mars 2012 – La Coalition pour l’histoire, qui se consacre à la promotion de l’enseignement de l’histoire, a aujourd’hui rendu hommage au cégep régional de Lanaudière pour la qualité de son offre de cours en histoire du Québec.
À l’occasion d’un événement tenu dans la constituante de Terrebonne du cégep de Lanaudière, en présence du directeur général de cette institution, M. Marcel Côté, du président de l’Association des professeures et professeurs d’histoire des collèges du Québec, M. Vincent Duhaime, du député de Terrebonne à l’Assemblée nationale du Québec, M. Mathieu Traversy, et de plusieurs représentants du corps professoral, l’historien Gilles Laporte, l’un des porte-parole de la Coalition, a salué l’initiative du cégep de Lanaudière qui a considérablement augmenté et diversifié depuis un an son offre cours en histoire du Québec.
« Dans un contexte de déclin des cours portant sur le Québec dans le réseau collégial, il faut féliciter l’équipe des professeurs d’histoire de ce cégep pour son audace qui a entraîné une hausse notable des inscriptions aux cours d’histoire du Québec, de 150 étudiants à l’automne 2011 à plus de 400 à l’hiver 2012. Leur action exemplaire permet à leur cégep de se positionner désormais comme centre collégial de pointe dans ce domaine », a souligné M. Laporte.
Rappelons que la Coalition pour l’histoire regroupe notamment l’Association des professeures et professeurs d’histoire des collèges du Québec, la Fédération des sociétés d’histoire du Québec, la Fondation du Prêt d’Honneur, la Fondation Lionel-Groulx, le Mouvement national des Québécoises et des Québécois, la Société du patrimoine politique du Québec, la Société des professeurs d’histoire du Québec, la Société historique de Montréal, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et l’Union des écrivaines et des écrivains québécois.
Lorsque j’ai commencé à écrire des romans historiques, j’étais loin de me douter que j’allais enseigner l’histoire. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est passé. Je ne compte plus les lecteurs du Roman de Julie Papineau qui m’ont avoué candidement qu’ils ne savaient presque rien de la Rébellion.
Pour certains, les troubles de 1837-1838 avaient été une guerre entre Canadiens français et Canadiens anglais, et non pas une lutte pour la démocratie, comme ce fut aussi le cas dans le Haut-Canada. On ne croyait pas non plus que les patriotes comptaient dans leurs rangs des citoyens anglophones. Ni que le parlement du Canada avait déjà eu pignon sur rue à Montréal.
Dans les bibliothèques et les écoles où je vais parler de mes livres, les gens, qu’ils soient d’allégeance fédéraliste ou souverainiste, sont toujours contents de me dire : « À présent, je comprends ce qui s’est passé à la Place d’Armes, au Pied-du-Courant, à Saint-Denis-sur-Richelieu. » Souvent, ils ajoutent qu’après avoir lu mon roman, ils ont éprouvé le besoin de consulter des ouvrages historiques pour en savoir plus. Quant aux parents, ils emmènent leur famille sur les lieux où se sont déroulés les faits, car, s’ils se sentent mal renseignés, ils tiennent à ce que leurs enfants connaissent leur histoire. Avec ses pages glorieuses, comme aussi avec ses échecs.
J’y repensais en parcourant les résultats alarmants de l’enquête sur l’enseignement de l’histoire au secondaire que vient de rendre public la Coalition pour l’histoire. La situation est-elle aussi déplorable ? Une vidéo réalisée en 2011 par des étudiants du cégep Lionel-Groulx et diffusée sur YouTube nous en fournit un exemple éloquent. Assise sur les marches de l’église de Saint-Eustache où s’est déroulée la fameuse bataille des patriotes contre l’armée anglaise, en décembre 1837, une jeune fille dit : « Il y a un trou dans mon église et je ne sais pas pourquoi. Je sais quand a eu lieu la Révolution française, je sais en quelle année Guillaume le Conquérant est arrivé en Angleterre, mais j’ignore ce qui est arrivé dans l’église à côté de chez moi. »
Si je le mentionne, c’est parce que la Rébellion est justement l’un des sujets qui n’ont pour ainsi dire pas droit de citer dans nos programmes d’enseignement de l’histoire. Dans cette vidéo de 2011, les étudiants citent plusieurs autres événements passés sous silence dans le cours d’histoire réformé : l’Acte de Québec de 1774, l’Acte d’Union de 1840, la conscription de 1917, le rapatriement de la constitution de 1982… Je ne serais pas étonnée d’apprendre qu’on « saute » aussi la crise d’octobre, le référendum de 1980 et celui de 1995, des faits véridiques qui, dira-t-on, risquent de générer des conflits entre jeunes francophones et anglophones.
On l’aura compris, le mot d’ordre, et je caricature à peine, est de proposer aux étudiants une histoire neutre pour ménager les susceptibilités, le Canada, c’est bien connu, ayant deux versions différentes de chaque événement marquant. Personnellement, ça m’agace d’entendre les gens du ministère de l’Éducation ou leurs conseillers répéter à toutes les tribunes qu’il faut éviter d’aborder les aspects de notre passé qui crée des dissensions et enseigner plutôt une histoire plus « rassembleuse ». On ne doit pas non plus, paraît-il, insister sur nos échecs, car cela donne de notre histoire une image « misérabiliste ». La rectitude politique dans toute sa splendeur !
J’aimerais qu’on m’explique pourquoi on enseigne sans état d’âme l’histoire des femmes, des noirs, des Amérindiens, des groupes ethniques — des récits, soit dit en passant, tout aussi ponctués d’échecs, d’humiliations et de retour en arrière —, alors qu’on escamote l’histoire du Québec commune à tous ? Comme si les jeunes Québécois sur les bancs de nos écoles n’avaient pas de racines. Comme si les jeunes immigrants débarquaient sur une planète historiquement aseptisée, sans valeurs communes. Et après, on s’étonne qu’ils ne s’intègrent pas à leur société d’accueil.
De toutes les recommandations que propose madame Lavallée dans son enquête, il y en a une qui me tient particulièrement à cœur : revoir le programme d’histoire de 3e et de 4e secondaire afin de redonner à la question nationale et à l’histoire politique la place qui leur revient. Près des deux tiers (63%) des enseignants interrogés dans le cadre de son enquête, ceux-là mêmes qui, à l’école, mesurent les besoins de leurs étudiants, le réclament.
Je pense qu’il faut cesser de politiser ce dossier. Cela me désole qu’en 2012, on en soit encore à traiter de « nationaleux » ceux qui demandent qu’on enseigne l’histoire politique du Québec. Et cela m’enrage qu’on les soupçonne de vouloir fabriquer des petits souverainistes.
Gommer des pans de l’histoire, n’est-ce pas aussi servir une cause ? N’ayons pas peur des mots : nous assistons en ce moment à une tentative pour réécrire le passé en effaçant d’un trait les pages qui nous définissent comme peuple différent.
Ce ne sont ni les enseignants ni les historiens qui ont inventé le passé. La déportation des Acadiens a réellement eu lieu. La défaite des Plaines d’Abraham aussi. Et les insurrections de 1837-1838 ont bel et bien entraîné des représailles aussi cruelles qu’injustifiées.
Mais notre histoire n’est pas seulement une série d’échecs, de défaites et d’humiliations qui présentent les Québécois comme des vaincus et des victimes, pour reprendre la liste d’épicerie de l’historien Jocelyn Létourneau. C’est aussi une histoire de courage, de persévérance, de survivance. Avouez que c’est quand même impressionnant que nous soyons encore là, seul îlot francophone au cœur d’une Amérique anglophone, après 400 ans. J’y vois en outre un bel exemple de démocratie, avec des modèles féminins et masculins qui commandent l’admiration et peuvent inspirer les jeunes. Modèles qu’on a aussi évacués de nos manuels.
Faut-il le rappeler ? Les fonctionnaires qui élaborent les programmes ne sont pas mandatés pour choisir ce qui fait leur affaire et jeter le reste. Les cours d’histoire doivent évoquer tous les faits historiques importants, parce que ceux-ci ont façonné la nation québécoise et qu’ils ont eu — et auront encore — des répercussions sur la suite des choses. N’est-ce pas le sociologue Fernand Dumont qui disait : « Il faut remonter le passé pour saisir le présent » ? Mais Dumont ajoutait : « Notre drame, c’est d’avoir oublié. »
L’un des buts poursuivis à l’école est de former des citoyens capables de prendre des décisions éclairées. La meilleure façon d’y arriver, c’est de dire la vérité, toute la vérité, même si elle peut diviser l’opinion. À l’heure où l’on trouve n’importe quoi sur Internet, le meilleur comme le pire, il devient impérieux de fournir à l’étudiant sur le point de quitter l’école secondaire un bon coffre d’outils qui lui permettra, par exemple, d’exercer son droit de vote en connaissance de cause. Le vote incohérent des électeurs québécois qui, aux élections provinciales de 2007, ont choisi en bloc l’ADQ, parti de droite, puis qui, aux élections fédérales de 2011, ont choisi en bloc le NPD, parti de gauche, devrait nous faire réfléchir.
Comme le souligne dans son blogue Pierre Godin, le biographe de René Lévesque, l’histoire nous enseigne que le flottement de la pensée politique est le terrain de prédilection des habiles démagogues de droite ou de gauche. J’ajouterai que l’école a un rôle crucial à jouer pour les contrer.
Le porte-parole de la Coalition pour l’histoire, Robert Comeau, et l’historienne et chercheure, Josiane Lavallée, rendaient public jeudi dernier (1er mars 2012) en conférence de presse les résultats d’une enquête réalisée auprès des enseignants d’histoire du secondaire qui révèle qu’ils sont insatisfaits des programmes qu’ils ont à enseigner, car ils sont trop axés sur l’éducation à la citoyenneté et le présent et pas assez sur l’acquisition des connaissances historiques.
Mme Lavallée fait valoir dans son étude de 72 pages : « S’il est vrai que le passé éclaire le présent, il n’en demeure pas moins que l’histoire ne devrait jamais être mise au service du présent pour cautionner une quelconque idéologie, et ce, que cette idéologie soit progressiste ou non. »
« La Coalition pour l’histoire a procédé à une enquête par sondage à laquelle 215 enseignants d’histoire du niveau secondaire ont répondu. Ce qui correspond à environ 20 % des enseignants d’histoire provenant de toutes les régions du Québec. Les réponses reçues démontrent de façon majoritaire l’insatisfaction des professeurs d’histoire du niveau secondaire. Ils dénoncent les programmes d’histoire, notamment en ce qui a trait à l’introduction de l’éducation à la citoyenneté dans les cours d’histoire, à la quasi-absence de l’histoire de la nation québécoise et de la dimension politique de l’histoire et à la structure du programme en 3e et 4e secondaire où l’on enseigne deux ans la même histoire, sans oublier l’absence d’un cours obligatoire en histoire du XXe siècle » constate la chercheure.
Le porte-parole de la Coalition pour l’histoire, Robert Comeau, a rappelé les précédentes études de la Coalition financées par la Fondation Lionel-Groulx portant sur le recul de l’enseignement de l’histoire au niveau collégial et le peu de formation dans la discipline historique à l’université dans les programmes de formation des maîtres. Monsieur Comeau a souligné que dans son « Discours sur l’école et la nation », Francois Hollande du Parti socialiste français faisait valoir récemment que « L’école devrait être au premier rang des engagements politiques, car c’est la condition de notre cohésion nationale » et insiste sur l’importance de « valoriser le savoir, car l’école est d’abord faite pour transmettre des connaissances. »
Gommer des pans d’histoire
Quant à l’historienne, romancière et biographe (auteure de Le Roman de Julie Papineau, Lady Cartier et Les Filles tombées), Micheline Lachance, elle a insisté sur l’importance de redonner à l’histoire politique la place qui lui revient : « Gommer des pans de l’histoire, n’est-ce pas aussi servir une cause ? N’ayons pas peur des mots : nous assistons en ce moment à une tentative pour réécrire le passé en effaçant d’un trait les pages qui nous définissent comme peuple différent. »
« La Coalition pour l’histoire, conclut Josiane Lavallée, demande à la ministre de l’Éducation de revoir les contenus des programmes d’histoire au secondaire. Les professeurs d’histoire ont vraiment besoin d’un programme d’histoire plus équilibré pour enseigner à nos jeunes toutes les dimensions de l’histoire, y compris l’histoire politique et les événements cruciaux et fondateurs de notre histoire. Au premier cycle, les enseignants d’histoire réclament une augmentation d’heures d’enseignement de l’histoire. »
Josiane Lavallée est titulaire d’une maîtrise en histoire de l’Université de Montréal et un baccalauréat en enseignement de l’histoire de l’UQÀM. Elle a enseigné au secondaire et au primaire pendant près de dix ans et a été conseillère à la vie professionnelle dans un syndicat d’enseignants.
Cette recherche a été rendu possible grâce à l’apport financier de la Fondation du prêt d’honneur dont le président Gaston Bergeron a été chaudement remercié par les représentants de la Coalition pour l’histoire.
La Coalition pour l’histoire, initiée en 2009 par la SSJB de Montréal, fait la promotion de l’enseignement de l’histoire à tous les ordres d’enseignement pour permettre aux jeunes Québécois et Québécoises de toutes origines d’acquérir une meilleure connaissance de l’histoire du Québec, du Canada et de l’histoire du monde occidental et non occidental.
C’est encore une fois devant une salle comble qu’a été présentée, jeudi le 23 février, la quatrième conférence de la série Dix journées qui ont fait le Québec organisée par la Fondation Lionel-Groulx de concert avec BAnQ et VOX. Prononcée par l’historien Denis Vaugeois et portant sur le traité de Paris de 1763, cette passionnante conférence était la dernière des quatre consacrées à la Nouvelle-France. La série reprendra à l’automne 2012, toujours à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque, avec une conférence de l’historien Gilles Laporte sur les Patriotes.
Le texte de la conférence de M. Vaugeois sera bientôt disponible en ligne sur notre portail. Rappelons par ailleurs que la captation télévisuelle de cette conférence sera diffusée sur les ondes de VOX le dimanche 11 mars à 18 h et 22 h, le mardi 13 mars à 23 h, le mercredi 14 mars à 9 h, le jeudi 15 mars à 14 h et le samedi 17 mars à 22 h.
C’est ce jeudi 23 février que sera présentée à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque la quatrième conférence de la série Dix journées qui ont fait le Québec organisée par la Fondation Lionel-Groulx en partenariat avec BAnQ et VOX.
Intitulée « Le 10 février 1763. Le traité de Paris : La France peut être heureuse sans Québec », cette conférence sera donnée par l’historien émérite Denis Vaugeois. Elle sera par la suite diffusée sur les ondes de VOX.
Pour plus d’information, consultez la section de notre portail consacrée à la série.
C’est aujourd’hui, 15 février 2012, que la pétition réclamant un meilleur enseignement de l’histoire du Québec dans notre réseau d’éducation et signée par 6 366 personnes a été lue et déposée à l’Assemblée nationale par la députée de Taillon et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement supérieur, Mme Marie Malavoy.
Le Parti québécois a profité de l’occasion pour réaffirmer la demande, partagée par la Coalition pour l’histoire, que la Commission de la culture et de l’éducation entende les pétitionnaires et se penche sur la question de l’enseignement de l’histoire.
Pour lire le communiqué du Parti québécois :