3e rencontre : Honoré Beaugrand (1848-1906)

Date : 22 novembre 2016 à 19 h 00

Invité : Jean-Philippe Warren, sociologue et biographe

Animateur : Éric Bédard, historien

Lieu : Auditorium de la Grande Bibliothèque

Titre de la rencontre : Honoré Beaugrand (1848-1906)

Résumé de la rencontre :

Honoré Beaugrand (1848-1906)
Source : Wikimedia Commons, domaine public.

Dans l’esprit de bien des gens, la seconde moitié du XIXe siècle confirme le repli conservateur d’une population canadienne-française engagée dans un combat ardu pour la survivance. Mais que faire d’un homme comme Honoré Beaugrand ? Soldat dans l’armée mexicaine, journaliste à la Nouvelle-Orléans, touriste en Chine, romancier et poète à ses heures, maire de Montréal, riche actionnaire de banques et de compagnies de chemins de fer, propriétaire du journal La Patrie, il entend convaincre ses compatriotes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, du principe d’une éducation obligatoire et gratuite, de l’idéal du suffrage universel et de l’importance de l’autonomie des affaires temporelles à l’égard de l’autorité de l’Église catholique.

Texte de l’invité :

Il est des vies prédestinées à l’aventure. Né le 24 mars 1848 dans la paroisse Saint-Joseph de Lanoraie, Honoré Beaugrand commence ses jours sous des étoiles favorables. Sur son acte de baptême, établi au nom d’Honorius Champagne, apparaissent trois patronymes qui marqueront à jamais son existence : celui de son père, d’abord, Louis Beaugrand dit Champagne (1822-1890), navigateur sur le Saint-Laurent, un homme entreprenant qui descend d’une souche française transplantée à la fin du Régime français ; celui de sa mère, ensuite, Marie-Josephte Marion (1822-1856), que tout le monde appelle Joséphine, et dont le père, Louis, est marchand et aubergiste ; celui de son parrain, enfin, Louis Gonzague Lafontaine (1802-1889), un cultivateur prospère.

Ces trois noms de famille forment une constellation influente, et bien des engagements du futur fondateur de La Patrie s’éclairent par le fait qu’il a grandi au milieu de personnages hardis qui appartiennent à un milieu aisé, vibrent au nom de la France, s’animent au bruit des épées et des mousquets et ne se cachent pas d’être de farouches patriotes. Non seulement Louis Beaugrand dit Champagne, Louis Marion et Louis G. Lafontaine sont officiers de milice et occupent trois des sept postes de juges de paix dans le village de Lanoraie, mais ce sont aussi de vrais « Rouges » qui en mènent large dans les batailles électorales de leur comté. Ces hommes instruits et politisés, dont l’action s’insère dans de vastes réseaux régionaux, n’hésitent pas à signer des pétitions afin de faire avancer les causes qui leur sont chères et à exercer une influence prépondérante au sein de leur communauté, notamment en acceptant de briguer des postes aux élections municipales. Aussi, à l’échelle locale, il est difficile de démêler les fils de la politique et de la famille.

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Aperçu de la rencontre :

Notes biographiques :

Crédit photo : Allen McEachern

Jean-Philippe Warren est professeur titulaire au Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Concordia et directeur de la Chaire Concordia d’études sur le Québec. Gagnant notamment du prix du Gouverneur Général dans la catégorie étude-essai, en 2015, il a fait paraître de nombreux ouvrages sur l’histoire culturelle et intellectuelle du Québec, parmi lesquels Honoré Beaugrand. La plume et l’épée (Boréal, 2015), L’art vivant. Autour de Paul-Émile Borduas (Boréal, 2011) et Une douce anarchie. Les années 68 au Québec (Boréal, 2008).

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