4e rencontre : Marie Gérin-Lajoie (1890-1971)

Date : 13 décembre à 19 h 00

Invitée : Karine Hébert, historienne et professeure

Animateur : Éric Bédard, historien

Lieu : Auditorium de la Grande Bibliothèque

Titre de la rencontre : Marie Gérin-Lajoie (1890-1971)

Résumé de la rencontre :

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Marie Lacoste Gérin-Lajoie (1867-1945) et sa fille, Marie Gérin-Lajoie (1890-1971), sont des figures incontournables de l’histoire montréalaise et québécoise. L’œuvre de la fille s’inscrit en complémentarité et dans la continuité de celle de la mère. Marie Lacoste s’est fait connaître comme cofondatrice de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB), œuvre d’action sociale catholique vouée à l’amélioration des conditions de vie des femmes. Elle a aussi mené un combat pour permettre aux filles d’accéder aux études supérieures. Sa fille, Marie Gérin-Lajoie, a été la première à en récolter les fruits. Engagée dans les œuvres de la FNSJB, elle a décidé de consacrer sa vie au travail social en créant l’Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Un regard sur le siècle qu’elles ont traversé permet de saisir l’ampleur de leur engagement : lutte pour le droit de vote, amélioration du statut juridique des femmes, éducation supérieure des filles, conditions de vie des femmes et des familles ouvrières.

Texte de l’invitée :

Marie Gérin-Lajoie. Il s’agit d’un nom connu, mais qui porte à confusion. N’était-ce pas la fondatrice de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste ? L’auteure du Traité de droit usuel ? N’était-ce pas la fondatrice de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil ? L’instauratrice du travail social au Québec ? Marie Gérin-Lajoie est tout cela. En fait, elles sont tout cela. Car elles sont deux, la mère et la fille : la mère, que nous appellerons Marie Lacoste Gérin-Lajoie, « Lacoste » étant son nom de jeune fille, et la fille, que nous appellerons Marie Gérin-Lajoie. Nous pourrions l’appeler sœur Gérin-Lajoie, mais ce serait occulter toute la partie de sa vie au cours de laquelle elle a œuvré à titre de laïque. Nous pourrions avoir recours à son deuxième prénom, mais lequel ? Joséphine, le prénom de sa naissance, ou Justine, celui qu’elle a choisi ? Pour éviter toute confusion supplémentaire, nous l’appellerons Marie Gérin-Lajoie.

La confusion entre la mère et la fille est doublement compréhensible. En plus de porter le même nom, elles ont œuvré de front, ensemble, durant de nombreuses années, à l’amélioration de la société canadienne-française – et, surtout, à l’amélioration des conditions de vie des femmes. Elles partageaient une foi solide et la conviction profonde que leurs actions devaient être portées par les principes de l’action sociale catholique.

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Aperçu de la rencontre :

Notes biographiques :

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Crédit photo : Élise Martineau

Karine Hébert est professeure d’histoire à l’Université du Québec à Rimouski et directrice du Département des lettres et humanités. Détentrice d’un doctorat de l’Université du Québec à Montréal, ses recherches et publications portent sur l’histoire des femmes et des jeunes dans le Québec contemporain. Elle est notamment l’auteure de l’ouvrage Impatient d’être soi-même. Les étudiants montréalais, 1895-1960, (Prix des Fondateurs de l’Association canadienne d’histoire de l’éducation). Préoccupée par les questions de citoyenneté, d’identité et de participation des groupes sociaux à la vie publique québécoise, elle s’intéresse également à l’histoire du patrimoine. Elle est vice-présidente de l’Institut d’histoire de l’Amérique française et secrétaire de rédaction de Mens. Revue d’histoire intellectuelle et culturelle.

« Maître chez soi ! Grand mot qu’on ose enfin prononcer. Encore faut-il bien se rendre compte de ce qu’il sous-entend. [...] Ce serait, si je ne me trompe, être maître de sa politique, j’entends de son gouvernement, de son parlement, de sa législation, de ses relations avec l’étranger, ne pas subir, en ce domaine, de tutelle indue ; cela veut dire encore, être maître, dans la mesure du possible, à l’heure contemporaine, de sa vie économique et sociale, exploiter pour soi et non pour les autres, ses ressources naturelles, toutes ses ressources naturelles, posséder les moyens de financer son administration, ses institutions d’enseignement, de bien-être social ; ces moyens, ne pas être obligé d’aller les mendier chez qui que ce soit. Cela veut dire aussi, pour une nation trop longtemps colonisée, un ressourcement aux fontaines vives de sa culture... »
Lionel Groulx, 7 juin 1964.
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