5e rencontre : Éva Circé-Côté (1871-1949)

Date : 24 janvier à 19 h 00

Invitée : Andrée Lévesque, historienne et biographe

Animateur : Éric Bédard, historien

Lieu : Auditorium de la Grande Bibliothèque

Titre de la rencontre : Éva Circé-Côté (1871-1949)

Résumé de la rencontre :

L’intellectuelle et femme de lettres Éva Circé-Côté (1871-1949), première bibliothécaire de la bibliothèque de la Ville de Montréal en 1903, s’est illustrée par ses nombreuses chroniques, ses quatre pièces de théâtre et sa biographie de Louis-Joseph Papineau. Moderne, progressiste et d’avant-garde, elle s’est exprimée sur presque toutes les questions sociales et politiques qui ont agité les années 1900-1940 : la laïcité, l’éducation, le féminisme, le libéralisme, la corruption, le pacifisme, l’immigration, le nationalisme. Éva Circé-Côté est trop longtemps restée dans l’oubli, en partie parce qu’elle se dissimulait derrière de nombreux pseudonymes, en partie parce que son Québec correspondait peu à la vision convenue du Québec de la première moitié du XXe siècle.

Texte de l’invitée :

Le 7 mai 1949, dans Le Devoir, un petit entrefilet annonce le décès d’Éva Circé-Côté à l’âge de 78 ans.

Décès d’une ancienne collaboratrice du « Nationaliste »

Mme veuve Éva Circé-Côté, fondatrice de la bibliothèque municipale de Montréal, dont elle avait été la première bibliothécaire, conjointement avec Hector Garneau, est décédée à sa demeure, 3512, avenue Vendôme.

Fille de Narcisse Côté, marchand, et d’Exilda Décarie, épouse de Dr Pierre-Salomon Côté, elle avait été choisie comme première vice-présidente de la Société des auteurs canadiens (section française). Elle avait collaboré d’abord aux Débats, puis, sous le pseudonyme de Colombine, à L’Avenir, au Monde illustré, à L’Avenir du Nord, et au Nationaliste.

De concert avec Charles Gill, Arsène Bessette et autres jeunes écrivains d’alors, elle avait fondé le journal littéraire L’Étincelle. Elle avait été lauréate de trois concours d’art dramatique.

Cette courte nécrologie rappelle que la défunte a été la première bibliothécaire de la Bibliothèque municipale de Montréal (Garneau n’a été lié à la bibliothèque qu’en 1916 alors qu’il succède à Circé-Côté), qu’elle était première vice-présidente de la Société des auteurs canadiens, qu’elle a poursuivi une carrière de journaliste et qu’elle a été lauréate de trois concours d’art dramatique. On aurait pu ajouter qu’elle avait publié plus de 1500 chroniques dans les hebdomadaires Le Pays et Le Monde ouvrier et qu’elle s’était dissimulée sous au moins six autres pseudonymes. En 1949, elle avait déjà sombré dans l’oubli.

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Aperçu de la rencontre :

Notes biographiques :

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Crédit photo : A. C. Lévesque

Professeure au département d’histoire de l’Université McGill, Andrée Lévesque est spécialisée en histoire du Québec contemporain, de la gauche et des femmes. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Virage à gauche interdit. Les communistes, les socialistes et leurs ennemis au Québec, 1929-1939 (Boréal, 1984), La norme et les déviantes. Des femmes au Québec pendant l’entre-deux-guerres (Remue-ménage, 2009), Éva Circé-Côté, libre-penseuse (Remue-ménage, 2010), ainsi que Chroniques d’Éva Circé-Côté. Lumière sur la société québécoise, 1900-1942 (Remue-Ménage, 2012).

« Un peuple ne se sépare pas de son passé, pas plus qu’un fleuve ne se sépare de sa source, la sève d’un arbre, de son terroir. »
Lionel Groulx, 29 juin 1937.
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