6e rencontre : Louis Laberge (1924-2002)

Date : 21 février à 19 h 00 Invitée : Jacques Rouillard, historien

Animateur : Éric Bédard, historien

Lieu : Auditorium de la Grande Bibliothèque

Titre de la rencontre : Louis Laberge (1924-2002)

Résumé de la rencontre :

Président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec pendant 27 ans, de 1964 à 1991, Louis Laberge représente une figure remarquable du syndicalisme québécois. Au moment de son élection, la FTQ est une organisation marginale par rapport à sa rivale, la CSN, qui a le vent dans les voiles. Pendant ses mandats, la centrale effectue un coup de barre renforçant sa voix dans les débats publics, développant une autorité sur ses grands syndicats affiliés et acquérant plus d’autonomie par rapport à la centrale canadienne dont elle relève, le Congrès du travail du Canada. En 1984, Louis Laberge met sur pieds un projet qui lui tient beaucoup à cœur et qui deviendra un outil économique incontournable pour les Québécois, soit le Fonds de solidarité, un fonds d’investissement animé par les syndicats, une première en Amérique du Nord.

Texte de l’invité :

Président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) pendant vingt-sept ans, de 1964 à 1991, Louis Laberge représente une figure remarquable du syndicalisme québécois. Au moment où il est élu président, la FTQ est une organisation marginale par rapport à sa rivale, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui a le vent dans les voiles. Pendant ses mandats à la présidence, la centrale effectue un coup de barre renforçant sa voix dans les débats publics, développant une autorité sur ses grands syndicats affiliés et acquérant plus d’autonomie par rapport à la centrale canadienne dont elle relève, le Congrès du travail du Canada (CTC).

Toujours réélu par acclamation, Laberge a dirigé la FTQ pendant une période très mouvementée de l’histoire du Québec marquée dans les années 1960 et 1970 par une recrudescence du militantisme syndical, une radicalisation du discours de la « centrale » et une sensibilité nouvelle par rapport au nationalisme québécois. C’est l’époque où son influence sur la société québécoise s’affirme et où les pressions syndicales sur le gouvernement du Québec se traduisent par l’adoption d’un large éventail de mesures progressistes.

En revanche, ses orientations se transforment dans les années 1980 alors que le nouvel environnement socio-économique généré par la récession de 1982 place le mouvement syndical sur la défensive. La « centrale » abandonne sa critique radicale du système économique et devient plus sensible à la santé économique des entreprises. Laberge se fait alors le champion de la création du Fonds de solidarité de la FTQ, une première en Amérique du Nord, dont le rôle consiste à fournir du capital aux entreprises pour assurer leur développement.

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Aperçu de la rencontre :

Notes biographiques :

Professeur émérite du département d’histoire de l’Université de Montréal, Jacques Rouillard est spécialisé sur l’histoire des travailleurs et du syndicalisme québécois. Il a rédigé de nombreux articles et chapitres de volumes et publié plusieurs ouvrages dont Les grèves de Sorel en 1937 (2010), L’expérience syndicale au Québec. Ses rapports à l’État, à la nation et à l’opinion publique (2009), Le syndicalisme québécois. Deux siècles d’histoire (2004), Histoire du syndicalisme québécois (1989), Ah les États ! Les travailleurs canadiens-français dans l’industrie textile de la Nouvelle Angleterre (1985), Histoire de la CSN 1921-1981 (1981), Les syndicats nationaux au Québec, 1900-1930 (1981).

« Maître chez soi ! Grand mot qu’on ose enfin prononcer. Encore faut-il bien se rendre compte de ce qu’il sous-entend. [...] Ce serait, si je ne me trompe, être maître de sa politique, j’entends de son gouvernement, de son parlement, de sa législation, de ses relations avec l’étranger, ne pas subir, en ce domaine, de tutelle indue ; cela veut dire encore, être maître, dans la mesure du possible, à l’heure contemporaine, de sa vie économique et sociale, exploiter pour soi et non pour les autres, ses ressources naturelles, toutes ses ressources naturelles, posséder les moyens de financer son administration, ses institutions d’enseignement, de bien-être social ; ces moyens, ne pas être obligé d’aller les mendier chez qui que ce soit. Cela veut dire aussi, pour une nation trop longtemps colonisée, un ressourcement aux fontaines vives de sa culture... »
Lionel Groulx, 7 juin 1964.
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