Robertine Barry (1863-1910)

Sophie Doucet
Janvier 2020

À Montréal, en 1905, tout le monde connaît Robertine Barry, alias Françoise, la journaliste canadienne-française. Elle a été la première femme embauchée dans un quotidien, à La Patrie, en 1891, où elle a chroniqué pendant neuf ans sur toutes sortes de sujet, de la religion à l’éducation, tout en tenant la page féminine. Puis, elle a fondé en 1902 Le Journal de Françoise, un magazine destiné en particulier, mais pas uniquement, aux femmes, qui a pour but de les instruire et de les divertir, elles qui ne peuvent aller à l’université ni exercer de profession. À quarante-deux ans, elle estime faire le plus utile (et le plus beau) métier du monde, mais elle est épuisée par sa lourde tâche et éprouvée par les critiques qu’elle suscite en tant que célibataire libre-penseuse dans le Montréal très conservateur de l’époque, où l’idéal de la respectabilité féminine est d’être une épouse et une mère dévouée.

Enfance

Robertine Barry est née à l’Île-Verte en 1863 d’un père irlandais et d’une mère canadienne-française. Son père, John Edmond Barry, est arrivé d’Irlande alors qu’il était un jeune homme en 1854 (il connaissait bien Daniel O’Connell, père de l’émancipation irlandaise) et s’est établi aux Escoumins, sur la Côte-Nord, pour faire le commerce du bois. Bilingue, cultivé, il deviendra un prospère directeur de scierie et remplira plusieurs charges publiques dans l’est du Québec (maire, juge de paix, marguillier). Sa mère, Aglaé Rouleau, est la fille d’un marchand de bois aisé de l’Île-Verte. Le couple Barry, qui partage un amour de la littérature et de la musique, aura treize enfants. Robertine sera la neuvième ; trois mourront en bas âge, ce qui n’était pas exceptionnel à l’époque. Les Barry auront par ailleurs la même gouvernante pendant des décennies, celle que Robertine appellera plus tard « notre vieille Cécile ».

Robertine grandit donc dans une maisonnée bien remplie, entre Les Escoumins et Trois-Pistoles où la famille finira par s’installer. Elle est très proche de sa sœur Évelyne, née deux ans après elle ; elles sont considérées comme les « deuxièmes jumelles » de la famille, après les vraies jumelles Caroline et Hilda, nées en 1856, tant elles sont inséparables. Son enfance se passe à jouer au bord du fleuve et à lire les ouvrages rangés dans la bibliothèque familiale (Hugo, Musset, Lamartine, La Fontaine, les Sœurs Brontë). Elle apprend aussi le piano. Enfant curieuse, impétueuse, espiègle, rêveuse, pieuse et angoissée à ses heures, Robertine fréquente l’école élémentaire des Escoumins. En 1873, elle est envoyée au Couvent Jésus-Marie, de Trois-Pistoles comme pensionnaire la semaine. Dans ce cadre éducatif plutôt strict, la jeune femme multiplie les pitreries qui font rire ses camarades, ce qui ne l’empêche pas de remporter des prix dans différentes matières.

Couvent Jésus-Marie, Trois-Pistoles
Source : BAnQ numérique, domaine public.

En 1880, ses parents l’envoient pensionnaire au Couvent des Ursulines de Québec, où elle reçoit sans doute l’instruction la plus poussée à laquelle pouvait aspirer une jeune fille de son époque. Chez les Ursulines, Robertine étudie le français, les mathématiques, les sciences naturelles, un peu de chimie, de physique, sans oublier la broderie, la couture, la musique. On y prépare les filles pour être de parfaites petites épouses bourgeoises, cultivées et habiles de leurs mains, mais Robertine rêve d’écrire. C’est au journal étudiant L’Écho du cloître qu’elle fait ses premières armes comme journaliste. Au couvent, elle développe par ailleurs des amitiés qui dureront toute sa vie, notamment avec Marie-Louise Marmette, qui deviendra aussi une femme de lettre sous le pseudonyme de Louyse de Bienville.

Marie-Louise Marmette (1870-1928), alias Louyse de Bienville
Source : Les Quatre Saisons, domaine public.

Au sortir du couvent, Robertine retourne vivre chez ses parents à Trois-Pistoles. Là, elle passe quelques années à peaufiner son rêve d’écriture, avec sa sœur Evelyne. Les sœurs Barry s’imaginent écrivant de grands romans, marchant sur les traces de leurs idoles, les sœurs Brontë… Robertine envoie quelques textes à des éditeurs de journaux, sans succès. Lorsqu’elle a 27 ans, Evelyne lui annonce une nouvelle qui plonge Robertine dans un grand désarroi : elle entre dans un couvent comme religieuse. Après son départ, Robertine traverse un épisode de tristesse intense qui l’amène à aller séjourner quelque temps dans un couvent d’Halifax. Au cœur de sa retraite, elle songe un moment à prendre le voile à son tour, mais comprend que c’est avec sa plume qu’elle peut le mieux contribuer au bien-être de sa société.

Chroniqueuse urbaine

La Patrie, 30 avril 1891
Source : BAnQ numérique, domaine public.

Bientôt, elle propose ses services au directeur du journal montréalais libéral La Patrie, Honoré Beaugrand. Le premier texte de Robertine Barry paraît en une de La Patrie le jeudi 30 avril 1891, sous le pseudonyme de Françoise (en l’honneur de Saint-François-de-Sales, un homme d’écriture qui vécut aux débuts de l’imprimerie et dont la fête coïncide avec la date d’entrée en religion d’Évelyne). Il porte sur l’éducation des filles, un sujet controversé qu’elle aborde avec hardiesse, condamnant les mentalités conservatrices du Québec et les « messieurs » qui refusent aux jeunes filles une instruction supérieure « qui pourrait en faire les égales de leurs seigneurs et maîtres ». Le ton est donné. Le style de Robertine Barry est incisif, mordant, son propos franc, direct, clair, ce qui a l’heur de plaire à Honoré Beaugrand, un avant-gardiste libre-penseur, qui lui offrira d’écrire une chronique hebdomadaire dans son journal.

Au moment de ces premiers succès, Robertine subit une grande perte : son père meurt. À la suite de ce décès, elle déménage à Montréal avec plusieurs membres de sa famille. En effet, elle s’installe en 1891 avec sa mère, ses frères et sœurs et leur employée Cécile, dans une grande maison de la rue St-Denis, au coin de la rue Marie-Anne. Entre le 21 septembre 1891 et le 5 mars 1900, Françoise écrit dans La Patrie sa « Chronique du lundi », une rubrique très personnelle, tour à tour drôle, caustique et tendre, dans laquelle elle entretient ses lecteurs de la ville, la mort, le travail, les superstitions, la littérature, la religion, les arts, le couple, les femmes, le temps des fêtes, la pauvreté… Dans le même journal, Robertine écrit aussi « le Coin de Fanchette », qui deviendra « Causerie fantaisiste », une page féminine et un « courrier du cœur » dans lequel elle répond aux questions de ses lecteurs (1897-1900) sur toutes sortes de sujets allant des affaires sentimentales à la mode, en passant par la langue française. Dès cette époque, elle vit de sa plume.

Dans un article paru en 1895, l’homme de lettre et poète Louis Fréchette, son collègue et ami, décrit la manière d’être de Robertine dans la salle de rédaction de La Patrie, nous donnant, en quelques mots, à saisir un peu mieux sa personnalité :

Françoise travaille et travaille ferme. Dès le matin, on la trouve à son pupitre, dans les bureaux de rédaction de La Patrie, traduisant des dépêches, attifant sa chronique, corrigeant des épreuves, attentive, souriante, et répandant pour ainsi dire autour d’elle cette atmosphère vivifiante qui affermit devant le devoir, et pousse en avant dans l’accomplissement de sa tâche. […] Françoise, Robertine Barry, dans les bureaux de La Patrie, c’est la paix, le bon sens, la confraternité cordiale et respectueuse [1].

Honoré Beaugrand (1848-1906)
Source : Wikimedia Commons, domaine public. Photo : Braun, Clément & Cie.

Durant ses années à La Patrie [2], Françoise collabore de façon ponctuelle à d’autres publications : le Coin du feu, le Bulletin, le Franc Parler, la Femme, la Revue populaire, Revue canadienne, le Samedi, l’Album universel, la Kermesse, la Charité, L’Almanach du peuple, la Revue nationale et la Feuille d’érable. C’est à cette époque qu’elle devient un véritable personnage dans la cité, une sorte de « catalyseur culturel » selon Paul Wyczynski [3]. La femme originaire de la campagne se plaît beaucoup en ville, où elle peut se mêler à la faune bigarrée et bruyante et où elle fréquente les théâtres, les salles de concerts, la bibliothèque de l’Institut Fraser, qui nourrissent son amour des arts et de la littérature. Son appartement de la rue Saint-Denis devient par moments un salon littéraire, où se réunit l’élite culturelle québécoise pour échanger des idées autour du piano lors de ses « five O’Clock teas » très courus.

Les idées

Éva Circé-Côté, vers 1900
Source : Bleu, Blanc, Rouge, Montréal, Déom Frères, éditeurs, 1903, p. [4].

Bonne oratrice, Françoise est de plus en plus souvent invitée comme conférencière, notamment au profit d’œuvres de charité. Elle est la première femme à donner une conférence à l’Institut canadien de Québec où elle entretient son public très libéral de la femme de lettres roumaine (et reine de Roumanie) Carmen Sylva. Robertine Barry s’intéresse par ailleurs de près aux activités du Conseil national des femmes du Canada, une organisation réformiste et féministe bilingue fondée en 1893, et que le clergé catholique ne voit pas d’un très bon œil. Sur l’échiquier idéologique du temps, Robertine Barry est, comme ses amies Éva Circé-Côté, Marie Gérin-Lajoie et Joséphine Marchand, féministe, c’est-à-dire qu’elle souhaite un élargissement de la sphère d’action des femmes, de leur liberté et de leurs possibilités de s’épanouir, qu’elle considère limitées dans la société québécoise de son temps. Elle appuie en partie son argumentation sur les qualités maternelles des femmes, mais aussi sur leurs qualités intellectuelles. Dans une chronique publiée en 1895 sur l’instruction des femmes, elle se montre audacieusement optimiste face à l’avenir des femmes :

Quand verrons-nous ?, me remarquait, l’autre jour, une jeune femme, en passant devant ce superbe édifice qui s’appelle l’université, quand verrons-nous les Canadiennes admises à y suivre les cours destinés à élever leur enseignement et à leur donner la place qui leur revient dans la société ? […]

Bien que plusieurs […] nous disputent encore l’admission aux études classiques, il en est cependant un grand nombre qui ont compris que la femme a besoin, dans son intérêt et dans celui de l’humanité, de l’entier développement de ses facultés intellectuelles, de cette éducation forte et profonde que l’on croit indispensable à l’autre sexe. […]

Patience, pourtant cela viendra. Je rêve mieux encore, je rêve tout bas que les générations futures voient un jour, dans ce XXe siècle qu’on a déjà nommé « le siècle de la femme », qu’elles voient, dis-je, des chaires universitaires occupées par des femmes [4].

Josephine Marchand (1861-1925)
Source : Wikimedia Commons, domaine public. Photo : James Rice.

Par ailleurs, Robertine Barry est très fière de ses racines canadiennes-françaises, comme la plupart des intellectuel·le·s de son époque, libéraux ou conservateurs. Son patriotisme est basé sur la culture et la langue française, au contraire de celui d’un Jules-Paul Tardivel ou d’un Henri Bourassa, pour qui la patrie est indissociable de la religion. C’est par patriotisme qu’elle lance un 1895 une campagne de financement auprès de ses lecteurs pour acheter, d’un petit marchand d’Halifax, une des trois cloches qui ornaient la forteresse française de Louisbourg au moment de sa capitulation aux mains des Anglais. Pour elle, cet objet de mémoire, précieuse relique de la Nouvelle-France, doit rester entre des mains françaises et la cloche, achetée, est donnée au Château Ramesay, à Montréal. Robertine Barry est aussi très fière de ses racines irlandaises, qui teintent son patriotisme d’ouverture à l’autre.

Par rapport à la religion, Robertine Barry est croyante depuis sa toute petite enfance. Elle s’arrête régulièrement à l’église pour prier, après une journée de travail. Cependant, elle trouve que le clergé québécois en mène beaucoup trop large dans la société québécoise en censurant les arts et en freinant les velléités d’éducation et d’instruction de ses ouailles. Elle ne se gêne pas du tout pour critiquer l’Église catholique et l’obscurantisme qu’elle fait régner au Québec. En étant aussi indépendante d’esprit, Robertine Barry s’attire le respect et l’estime de nombreux intellectuels libéraux, mais aussi, l’inimitié profonde des intellectuels conservateurs et des membres du clergé, qui craignent beaucoup les idées nouvelles qui pourraient bouleverser la famille canadienne-française et l’ordre social.

Femme de lettres

Fleurs champêtres (Montréal, 1895)
Source : Laurentiana, 2009.

En 1895, la journaliste publie Fleurs champêtres, un recueil de nouvelles qui décrit les « mœurs simples et douces de nos campagnes » pour les « faire connaître et aimer aux habitants des villes ». Dans ce recueil, elle se fait un peu ethnologue, immortalisant les coutumes et superstitions des paysans, qu’elle a bien connus durant son enfance. Même si Fleurs champêtres paraît plutôt inoffensif, il crée une polémique dans la presse québécoise polarisée entre organes conservateurs et libéraux. Jules-Paul Tardivel (dans La Vérité) accuse Robertine Barry d’évacuer la religion et de faire du naturalisme à la Jean-Jacques Rousseau. Il l’accuse aussi de subir la mauvaise influence de ses collègues de La Patrie. Joséphine Marchand (dans Le Coin du feu) et Louis Fréchette (dans La Patrie) se portent vigoureusement à la défense de leur amie. Elle-même prend la plume pour se défendre, affirmant n’avoir jamais lu Jean-Jacques Rousseau et n’avoir effectivement pas eu l’intention de faire de ses nouvelles littéraires un « paroissien romain » [5].

Jules-Paul Tardivel (1851-1905)
Source : Wikimedia Commons, domaine public.

À la fin des années 1890, Robertine se lie d’amitié avec un jeune poète prometteur, Émile Nelligan, qui est le fils de sa grande amie, Émilie Hudon. Elle qui a seize ans de plus que lui devient sa « sœur d’amitié », sa marraine littéraire, celle à qui il soumet ses poèmes et se confie. Elle l’encourage, le présente à ses ami·e·s du milieu culturel, publie plusieurs de ses œuvres, dont « Rêve d’artiste » [6]. Entre les deux passionnés des lettres et des arts s’établit une relation intense, puis une brouille, qui se reflète dans la poésie de Nelligan, particulièrement dans les poèmes « Beauté cruelle » et « À une femme détestée ». Quelle était la nature de leur relation ? Il est difficile de l’établir. Certains auteurs ont suggéré que Nelligan aurait souhaité dépasser le stade platonique de leur amitié, souhait qui n’aurait pas été partagé par Robertine Barry [7]. Mais il est impossible de confirmer hors de tout doute cette hypothèse. Ce qui est incontestable et visible dans les écrits de Françoise, c’est qu’elle a ressenti une immense peine à la suite de l’internement pour des problèmes de santé mentale de son protégé en littérature, en 1899. Elle continuera à publier ses vers et à parler de Nelligan dans ses diverses tribunes et restera une amie fidèle pour la mère éplorée du poète. Dans sa chronique du Journal de Françoise le 2 avril 1904, lors de la publication du recueil de poésies de Nelligan. Elle écrit : 

J’ai devant les yeux ce livre dont il avait ardemment souhaité la publication, mon pauvre et jeune ami. Ils sont là, devant moi, ces vers, morceaux de son âme qu’il nous a livrés et qui resteront toujours, comme autant de preuves éclatantes de son talent frémissant et vibrant… Non, jamais je ne pourrai je le sens, faire de ce livre la critique qui fouille et qui dissèque. J’ai vu de trop près s’épanouir et fleurir ce beau talent ; trop longtemps je fus pour lui cette « sœur d’amitié » […]. Presque toutes les poésies que contient le livre d’Émile Nelligan, je les ai entendues de sa bouche, et combien je regrette la sourdine mise alors à mon admiration, de crainte d’éveiller dans cette âme si jeune la semence pernicieuse d’un dangereux orgueil ! [8]

Émile Nelligan (1879-1941)
Source : Wikimedia Commons, domaine public.
Julette Adam (1836-1936)
Source : Wikimedia Commons, domaine public.

En 1900, Robertine Barry est nommée, avec son amie Joséphine Marchand-Dandurand, représentante des femmes du Canada à l’exposition universelle de Paris. À cette occasion, chacune signe un chapitre du livre Les femmes du Canada, leur vie et leurs œuvres [9]. Les deux journalistes québécoises participent aussi au Congrès international des femmes qui a lieu dans la ville Lumière au même moment. À Paris, loin de l’atmosphère étouffante du Québec, Robertine Barry a l’impression de respirer librement. Durant les six mois de son séjour en France, elle fréquente les salons littéraires, se lie d’amitié avec plusieurs femmes de lettres européennes, dont Juliette Adam et Gyp (la comtesse de Mirabeau-Martel), qui demeureront des amies, des correspondantes, et deviendront des collaboratrices du Journal de Françoise et des alliées dans un projet d’enrichissement de bibliothèques francophones au Québec. Durant son exil éphémère, elle publie dans La Patrie ses « Lettres de Françoise » qui font part de ses découvertes à ses lectrices et lecteurs.

La comtesse de Mirabeau-Martel (1849-1932), alias Gyp
Source : Gallica, domaine public. Photo : Nadar.

En 1901, de retour de Paris, Robertine Barry est hospitalisée pendant deux mois pour soigner une fièvre typhoïde aggravée par une pneumonie. À la suite de cette maladie, elle entre en convalescence au couvent des Dames du Sacré-Cœur de Grosse-Pointe, à Detroit, aux États-Unis, où vit sa sœur Évelyne. Pendant les semaines de cette convalescence, elle se repose et réfléchit à son avenir. Ayant déjà annoncé qu’elle quittait La Patrie, où elle avait passé près d’une décennie, elle se dit que le temps est venu pour elle de réaliser l’un de ses deux grands rêves : fonder un magazine qui offrira à ses lectrices et lecteurs une nourriture intellectuelle consistance, riche et ouverte sur le monde. Depuis la disparition du Coin du feu, le magazine dirigé par Joséphine Marchand-Dandurand entre 1893 et 1896, aucune publication ne remplit vraiment ce rôle. Son deuxième grand rêve, qui est d’écrire un ambitieux roman historique canadien français, sera, lui, remis à plus tard.

Directrice de magazine

Le 29 mars 1902 paraît le premier numéro du Journal de Françoise, un bimensuel adressé aux femmes, mais non seulement à elles, portant le sous-titre de « Gazette canadienne de la famille » et affichant le slogan « Dire vrai et faire bien ». Robertine Barry, qui y investit ses économies, en tiendra la barre pendant sept ans. Pour elle, le magazine est à la fois l’université de ses lectrices et un moyen de promouvoir les causes auxquelles elle croit. Présentant des rubriques variées (santé, arts, lettres, poésie, culture, monde), Le Journal de Françoise publie des auteur·e·s importants d’ici et d’ailleurs, dont Laure Conan, Joséphine Marchand-Dandurand, Marie Gérin-Lajoie, Émile Nelligan, Louis Fréchette, Albert Lozeau, Edmond de Nevers, Juliette Adam, Carmen Sylva, Hélène Varasco, Thérèse Bentzon, etc. Il prend position en faveur des droits des femmes et surtout d’une meilleure instruction pour elles. Il promeut l’instruction laïque et la protection des personnes vulnérables. Françoise utilise cette tribune pour critiquer la résistance de la société canadienne-française à l’implantation de véritables bibliothèques gratuites. Elle s’en sert pour demander des dons de livres qui serviront à garnir la section francophone des bibliothèques de Waterloo, de Beauharnois et de Saint-Jean, au Québec.

Le Journal de Françoise, samedi 29 mars 1902.
Source : BAnQ numérique, domaine public.

L’année de la fondation du Journal de Françoise, Robertine Barry organise une grande réception en l’honneur de son amie Laure Conan, première Canadienne primée par l’Académie française pour son roman, L’oublié. Deux ans plus tard, c’est en son propre honneur qu’une réception est organisée pour souligner son obtention des Palmes académiques par la France, reçues en considération de son dévouement à la cause de la culture française. En 1904, elle participe à un voyage de presse avec un groupe de femmes journalistes qui se rendent à l’Exposition universelle de St-Louis, au Missouri. Ensemble elles jettent les bases du Canadian Women’s Press Club et de sa version francophone, dont Robertine devient la présidente. Préoccupée par la question des revenus des femmes de lettres, étant elle-même une femme qui vit de sa plume, elle créera un comité de réflexion sur les droits d’auteurs.

Marie-Louise Félicité Angers (1845-1924), alias Laure Conan
Source : Wikimedia Commons, domaine public.

En 1905, Robertine Barry présente à Montréal sa pièce de théâtre intitulée Méprise, une comédie légère sur le thème des sentiments amoureux. Les sentiments amoureux sont très présents dans ses écrits, autant littéraires que journalistiques, et l’on peut penser que la vision très romantique qu’elle se faisait de l’amour, conjuguée avec sa compréhension de ce que le mariage enlevait aux femmes (une femme mariée redevenait mineure aux yeux de la loi, et ne pouvait pas divorcer si jamais la relation s’avérait un enfer), expliquent le fait qu’elle soit demeurée célibataire. Elle a beaucoup écrit sur le célibat, défendant ce statut qui était souvent l’objet de moqueries, soulignant la liberté qu’il lui apportait. Pour elle, subir les quolibets adressés aux célibataires valait quand même mieux que d’endurer un mariage malheureux. Mais son choix de demeurer célibataire ne veut pas dire qu’elle n’a pas connu le sentiment amoureux, réciproque ou non, à l’extérieur des liens du mariage, que ce soit de manière chaste ou non [10]. En fait, ses textes laissent plutôt entrevoir une compréhension intime de ce sentiment et de la souffrance qui peut l’accompagner [11].

Louis Fréchette (1839-1908)
Source : Wikimedia Commons, domaine public.

Entre 1906 et 1909, dans la quarantaine, Robertine Barry est souvent épuisée et parfois accablée émotionnellement. Les critiques qu’elle reçoit lui font mal, notamment les lettres dans lesquelles on l’appelle « monsieur » pour ridiculiser son indépendance et ses idées. Aussi, elle est frappée par plusieurs deuils : celui de son frère Edmund, de sa sœur Mary, de ses amis Honoré Beaugrand, Edmond de Nevers, Louis Fréchette. Malgré la chape de plomb qui l’écrase parfois dans ce Québec si conservateur, elle persiste et signe. Dans Le Journal de Françoise, elle critique la religion hypocrite [12], prend la défense des filles-mères en appelant à la responsabilité des hommes qui séduisent les jeunes filles et les laissent seules avec l’opprobre social lors d’une grossesse hors-mariage [13], elle sonde plusieurs femmes sur la question fort controversée du droit de vote des femmes [14]. En 1906, elle est nommée déléguée canadienne à l’Exposition internationale de Milan et elle en profite pour faire un voyage en Europe avec sa sœur Caroline, qui l’emmènera de l’Italie à l’Allemagne, à la France, où elle visite des amies qui partagent ses idées avancées et obtient – cela semble paradoxal, mais illustre bien le personnage et son époque – une rencontre formelle avec le pape Pie X [15] !

Les dernières années

Marie Gérin-Lajoie, née Lacoste (1867-1945)
Source : BAnQ, P783, S2, SS9

En 1907, elle fait partie du comité de fondation de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB), une organisation crée à l’instigation de sa grande amie Marie Gérin-Lajoie, qui souhaite réconcilier les idées féministes et le catholicisme. Marie Gérin-Lajoie est prête à certains compromis pour accomplir cette réconciliation sans laquelle, pense-t-elle, les idées féministes ne pourront jamais faire leur chemin au Québec. Robertine Barry doute de la possibilité de cette réconciliation, mais s’engage néanmoins dans le comité pour l’organisation d’écoles ménagères de la FNSBJ.

En juin 1909, lors d’un congrès de la FNSJB, elle présente une conférence sur le journalisme et l’éducation populaire, dans laquelle elle reprend sa critique de l’absence de bibliothèque acceptable à Montréal, encense l’éducation laïque et souligne le rôle important des journalistes dans l’éducation des femmes. Cette conférence, qui ne parle ni de religion ni du rôle traditionnel des femmes, déplait beaucoup à l’Archevêque de Montréal, Mgr Bruchési, présent pour l’occasion. Ce dernier intime Marie Gérin-Lajoie de retirer la conférence de Robertine Barry des actes de colloque devant être publiés à la suite de l’événement. Après quelques tentatives de le convaincre de l’inoffensivité de la conférence de Françoise, Marie Gérin-Lajoie se plie à la demande du prélat et retire le texte de Robertine Barry.

Robertine se sent alors amèrement trahie par son amie. Elle lui écrit une lettre qui a été conservée :

Je reconnais que vous avez besoin pour le triomphe de la fédération de cette force, toute-puissante en notre pays, qu’est le clergé. Sacrifiez-lui des holocaustes. Je souhaite seulement qu’il ne vous en demande pas d’autres plus durs encore comme de renoncer, par exemple, au suffrage féminin. En attendant, je vous plains car, en me sacrifiant, vous allez contre ce sentiment de droiture, de loyauté, de justice, que j’ai toujours admiré en vous puisque de votre propre aveu vous n’avez rien vu de répréhensible à ce que j’ai écrit. [16]

Lomer Gouin (1861-1929)
Source : Wikimedia Commons, domaine public. Photo : Montminy & Cie.

Deux mois auparavant, en avril 1909, Robertine Barry avait mis fin au Journal de Françoise, épuisée. À la même période, elle s’était fait offrir par le premier ministre libéral Lomer Gouin un poste d’inspectrice de manufactures [17], une nomination qui reconnaissait le fait qu’elle avait très souvent, dans ses articles, dénoncé le triste sort des employées d’usine et demandé pour eux des conditions plus décentes.

Robertine Barry n’occupera pas longtemps ce poste de fonctionnaire puis qu’elle décèdera le 7 janvier 1910, d’une congestion cérébrale (on dirait probablement aujourd’hui un AVC). On ne connaît la cause de cette congestion cérébrale, mais l’on sait que la journaliste traversait un épisode de grande mélancolie en cet hiver 1910. Il est possible qu’elle se soit vu prescrire du laudanum (un dérivé de l’opium utilisé pour soigner les symptômes que l’on qualifierait aujourd’hui de « dépressifs »), qui peut provoquer la congestion cérébrale. Sa mort prématurée, à 46 ans, laissera un grand vide dans le monde de la culture et du journalisme.

Cette femme qui a eu une influence considérable dans le Québec du tournant du XXe siècle et qui n’a pas eu le temps d’achever son œuvre en écrivant le roman historique dont elle rêvait, servirait de modèle à de nombreuses femmes journalistes qui emprunteraient la voie de l’écriture dans les années suivantes.

Robertine Barry (1863-1910), alias Françoise
Source : Flick, CC BY 2.0. Photo : Query Frères.

Sur le plan des idées, en osant braver les esprits les plus conservateurs du temps pour réclamer plus de droits pour les femmes, dont celui de s’instruire et de participer à la vie citoyenne, en prenant inlassablement parti pour la démocratisation de la culture et des arts, en défendant aussi les plus vulnérables de la société : la veuve, l’orphelin, la célibataire, la fille-mère, les mendiants, les personnes atteintes de problèmes de santé mentale, et même les animaux, elle a fait preuve d’un humanisme senti (un humanisme chrétien, enraciné dans son époque) qui ne s’est jamais démenti.

Elle a aussi su cultiver des amitiés sincères, tout au long de sa vie, et ce tout en restant fidèle à ses idéaux. Après sa mort, sa grande amie d’adolescence, Marie-Louise Marmette, a écrit :

Il est des solitudes du cœur que le temps, l’imprévu des amitiés neuves ne sauraient jamais combler, après la disparition d’êtres trop aimés et qui laissent dans la place conquise et désertée l’empreinte ineffaçable de leurs pensées, de leur grâce et de leur tendresse. Comme il est des créatures de choix qui ensoleillent le chemin où elles passent en jetant aux âmes plus de joie, plus d’espérance et plus d’amour ! Tel a été le pur rôle ici-bas de cette femme distinguée entre toutes nos Canadiennes […] Cette mort imprévue de Robertine Barry fera couler bien des larmes partout où résonna son rire franc communicatif ; partout où son humour se joua à travers les arabesques du paradoxe le plus fin et le plus original ; partout où cette femme, si véritablement bonne, vaporisa les parfums de l’amitié sur les blessures discrètes qui s’obstinent au fond des cœurs. [18]

La mémoire

Robertine Barry. On l’appelait Monsieur (Éd. Trois-Pistoles, 2010)
Source : editionstrois-pistoles.com

Étonnement, la mémoire collective n’a pas fait une très grande place à Robertine Barry. Une toute petite rue de Montréal porte son nom, une rue à Baie-Comeau et un Canton en Abitibi. Il existe aussi une plaque commémorative à l’Île-Verte. En 1949, Renée des Ormes a publié une première courte biographie de Françoise, en ayant accès à des sources vraisemblablement disparues depuis. En 2010, l’auteure Sergine Desjardins lui a consacré une biographie fouillée, en deux tomes, qui n’a pas eu une assez grande visibilité.

Un personnage comme Robertine Barry, qui nous rappelle que le Québec du tournant du XXe siècle était plus diversifié idéologiquement qu’on l’a longtemps cru, et que la modernité s’est préparée de longue date dans cette province, devrait, nous semble-t-il, occuper une place plus importante dans la mémoire collective et populaire. Ainsi, nous proposons qu’une station de métro de la future ligne rose, à Montréal, porte le nom de Robertine Barry, alias « Françoise ».


Bibliographie

Œuvres de Robertine Barry

- Françoise (Robertine Barry), Fleurs champêtres. Suivi d’autres nouvelles et de récits et Méprise, comédie inédite en un acte, Montréal, Éditions Fides, 1984, 318 p.
- Françoise (Robertine Barry), Fleurs champêtres, Montréal, Compagnie d’imprimerie Desaulniers, 1895, 205 p.
- Robertine Barry, Chroniques du lundi. 1891-1895, Montréal, 1900, 325 p.
- Robertine Barry, « Les femmes canadiennes dans la littérature », dans Les femmes du Canada : leur vie et leurs œuvres, 1900, p. 209-215.
- Le journal de Françoise, 1902-1909.
- Françoise, « Chroniques du Lundi », dans La Patrie.
- Françoise, « Le Coin de Fanchette », dans La Patrie.

Études sur Robertine Barry

- Beaudoin, Lise, « La parole dissidente de Françoise dans Le Journal de Françoise (1902-1909) », Recherches féministes, volume 24, numéro 1, 2011, 25–43.
- Bellerive, Georges, « Françoise », Brèves apologies de nos auteurs féminins, Québec, Librairie Garneau, 1920, p. 30-35.
- Bernier, Germaine, « Françoise, journaliste et femme de lettres », Le Devoir, 12 novembre 1936, p. 5.
- Boivin, Aurélien, « Fleurs champêtres », dans le Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, tome 1, p. 268-270.
- Boivin, Aurélien et Kenneth Landry, « Françoise et Madeleine, pionnières du journalisme féminin au Québec », Voix et Images, volume 4, numéro 2, décembre 1978, p. 233-243.
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Notes

[1Louis Fréchette, « Françoise », La Patrie, 29 juin 1895.

[2En 1900, 87 chroniques de La Patrie seront réunies dans : Françoise, « Chroniques du lundi. 1891-1895 », 1900, 325 pages. http://www.canadiana.ca/view/oocihm.03171/9?r=0&s=1

[3Paul Wyczynski parle aussi de ”la figure la plus illustre du monde féminin au tournant du siècle ». Paul Wyczynski, Émile Nelligan. Biographie, Montréal, Bibliothèque québécoise, p. 151.

[4Françoise, « Chronique du lundi », La Patrie, 14 octobre 1895.

[5Voir : Joséphine Marchand-Dandurand, « Un nouveau livre », Le Coin du feu, mai 1895, p. 155-156 ; Jules-Paul Tardivel, « Fleurs champêtres », La Vérité, 15 juin 1895, p. 3 ; Jules-Paul Tardivel, « Mlle Françoise », La Vérité, 22 juin 1895, p. 7 ; Joséphine Marchand-Dandurand, « Censure déloyale », Le Coin du feu, juillet 1895, p. 216-217 ; Louis Fréchette, « Françoise », la Patrie, 29 juin 1895, p. 1 ; Françoise, « Chronique du lundi », La Patrie, 17 juin 1895.

[6Publié dans La Patrie le 23 septembre 1898.

[7Paul Wyczynski, op. cit., p. 158-160.

[8Françoise, Journal de Françoise, le 2 avril 1904, p. 313.

[9Conseil national des femmes du Canada, Les femmes du Canada, leur vie et leurs œuvres, pour être distribué à l’Exposition universelle de Paris, 1900.

[10Voir à ce sujet Des Ormes, Renée, Robertine Barry : en littérature Françoise. Pionnière du journalisme féminin au Canada, 1863-1910, Québec, 1949, p. 76 à 78 et Sergine Desjardins, Robertine Barry. On l’appelait Monsieur, Éditions Trois-Pistoles, 2010, p. 228-234. Elle aurait possiblement aimé un juge marié, Joseph-Emery Robidoux.

[11Par exemple, racontant sa rencontre avec une religieuse qui ne connaissait que l’amour de Dieu et pas le sentiment amoureux « terrestre », elle écrit : « Elle ignorait, d’un autre amour, la douceur et la force, les ivresses et les tourments. Je restai muette, ne voulant pas rider, même d’un souffle, la surface de cette âme si pure et si limpide. » Françoise, « Fleur du cloître », Le journal de Françoise, 17 décembre 1904, p. 579.

[12Françoise, « La religion canadienne », Le journal de Françoise, 17 mars 1906, p. 378-379.

[13Françoise, « À qui la faute », Le journal de Françoise, 6 mars 1909, p.358.

[14Le journal de Françoise, 2 janvier 1909 et 16 janvier 1909.

[15Françoise, « Une audience du Saint-Père », Le journal de Françoise, 4 mai 1907, p. 42-44.

[16Citée par Sergine Desjardins, Robertine Barry, Tome 2. On l’appelait Monsieur, Trois-Pistoles, Éditions Trois-Pistoles, p. 387.

[17Depuis 1885, l’État intervient dans les relations entre le patronat et les ouvriers pour amoindrir les effets néfastes de l’industrialisation, en promulguant certaines lois qui limite le nombre d’heures travaillées, fixe l’âge à partir duquel un enfant peut travailler en usine, encadre les accidents de travail. Pour veiller à la mise en application de ces règlements, il nomme des inspecteurs, puis des inspectrices de manufactures (mieux placées que leurs confrères pour intervenir auprès des femmes ouvrières et des adolescent·e·s en usine).

[18Louyse De Bienville, Figures et paysages, Montréal, Beauchemin, 1931, p. 123-125.

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