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Le prix Jean-Éthier-Blais

Le prix Jean-Éthier-Blais, doté d’une bourse de 3000 $, récompense chaque année l’auteur de la meilleure œuvre de critique littéraire (entendue au sens large et comprenant les études et les biographies), écrite en français, publiée au Québec l’année précédente, et portant sur un aspect, un écrivain ou une œuvre de la littérature québécoise de langue française.

Suivant les dernières volontés de l’écrivain, ce prix a été institué en 1997 par la Fondation Lionel-Groulx, dont Jean Éthier-Blais était président au moment de son décès survenu le 12 décembre 1995. Ce dernier a légué à la Fondation Lionel-Groulx la majeure partie de sa bibliothèque, la totalité de ses archives ainsi qu’une somme importante destinée notamment à la création de ce prix.


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Colauréats 2016 : Michel Biron, De Saint-Denys Garneau, Boréal, 2015, et Richard Foisy, Un poète et son double : Jean Narrache – Émile Coderre. 1893-1970, l’Hexagone, 2015.

Le jury, présidé par Jacinthe Martel du Département d’études littéraires de l’UQAM et composé de Marilyn Randall du Département d’études françaises de l’Université de Western Ontario et Pascal Brissette du Département de langue et littérature françaises de l’Université McGill a unanimement accordé le prix à ces deux essayistes. Pour le jury, ces deux récits de vie se répondent comme en écho, notamment parce qu’ils couvrent, en partie du moins, la même époque et que Garneau et Coderre ont tous deux été marqués par un fort sentiment d’échec qui a laissé de nombreuses traces dans leur vie et dans leur œuvre.

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Les deux biographies mettent au jour des pans entiers de leur vie, de leur œuvre et de leurs amitiés littéraires qui, jusqu’ici, étaient restés dans l’ombre. Elles sont en quelque sorte complémentaires puisqu’elles éclairent la situation du poète dans la première moitié du XXe siècle ; leur juxtaposition nous semble enrichir la lecture de chacune d’elles et ce tant par les contrastes que par les similitudes qu’elles mettent au jour. C’est pour toutes ces raisons que nous avons voulu que le prix soit accordé ex aequo à Michel Biron et à Richard Foisy. C’est aussi parce que la démarche érudite des deux biographes, qui repose sur des lectures très fines et très attentives des documents, des faits et des œuvres, contribue à mettre en valeur le genre même de la biographie littéraire qui, s’il avait pour ainsi dire perdu de sa superbe au début du XXe siècle, retrouve depuis quelques années ses lettres de noblesse. Les deux biographies de Garneau et Coderre s’inscrivent en effet dans ce sillage.

- Allocution de Richard Foisy
- Allocution de Michel Biron
- Allocution de la présidente du jury
- Photo de la soirée de remise


JPEGLauréate 2015 : Patricia Smart, De Marie de l’Incarnation à Nelly Arcan. Se dire, se faire par l’écriture intime, Montréal, Boréal, 2014.

Avec De Marie de l’Incarnation à Nelly Arcan, l’auteure engage plus que jamais son étude de l’écriture au féminin dans un parcours englobant qui, de la religieuse du 17e siècle à l’auteure contemporaine disparue tragiquement, constitue une véritable mise en récit de l’écriture intime au Québec, moins à travers les genres canoniques de la littérature que dans des lieux d’écriture plus discrets et moins valorisés : correspondances, journaux intimes, chroniques journalistiques, récits autobiographiques. L’un des grands mérites de cet ouvrage est de mettre au jour des auteures souvent peu connues, dont les écrits se trouvent dans divers fonds d’archives, et qui sont autant de lieux de résistance et parfois de rébellion contre un contexte social privant les femmes de leur identité propre et disqualifiant d’entrée de jeu leur parole. En même temps, les deux auteures qui encadrent ce parcours, ainsi que les auteures plus contemporaines que Patricia Smart rattache à l’ « âge de l’autobiographie » inauguré selon elle par Claire Martin, montrent que le désir de s’inventer soi-même ne va pas sans blessures remuées, déchirements et même contradictions. Entre l’affirmation et l’annihilation mystique de soi, entre les interdits familiaux et l’accès à une parole légitime, entre l’intériorité authentique et les « pièges » de l’image, l’écriture intime des femmes est un combat dans lequel réside aussi sa richesse.

L’essai de Patricia Smart se caractérise par l’ambition du projet, sa remarquable performance narrative, de même que l’ampleur de la recherche et des thèmes abordés.

- Allocution de la lauréate
- Photo de la soirée de remise


JPEGLauréat 2014 : Joseph-Yvon Thériault, Évangéline. Contes d’Amérique, Montréal, Québec Amérique, 2013.

Au confluent de la littérature et de l’histoire, cet essai propose un parcours fascinant, très documenté, qui retrace les multiples formes prises par le mythe d’Évangéline à partir de sa première formulation américaine dans le long poème de Longfellow paru en 1847. Ce parcours a le grand mérite de montrer comment une fiction littéraire peut agir dans l’histoire, nourrir un imaginaire collectif et participer à la construction de son identité, y compris en tant que repoussoir, ce qui a été le cas pour les « modernes » acadiens, qui ont vu en Évangéline un symbole de la victimisation et de la folklorisation de l’Acadie dont ils ont voulu se détacher, sans parvenir à l’oublier pour autant. Si, à première vue, l’essai de Joseph-Yvon Thériault n’a pas en tant que tel pour objet la littérature québécoise, celle-ci n’en a pas moins une présence significative dans son essai, notamment à travers de nombreux relais qui ont contribué à la diffusion et à la construction du mythe d’Évangéline : Pamphile Lemay, premier traducteur de Longfellow, Napoléon Bourassa, l’abbé Casgrain, sans parler de personnages intellectuels et religieux, nés ou formés au Québec, ayant contribué à la configuration de l’identité acadienne. L’essai de Joseph-Yvon Thériault montre éloquemment que si Évangéline a été et demeure un mythe américain et acadien (incluant sa dimension « cadienne » — « cajun »), il s’agit aussi d’un mythe canadien-français, l’identité acadienne ayant souvent fasciné et questionné l’identité québécoise, comme en témoignent des écrivains comme Jacques Ferron ou encore le film L’Acadie, l’Acadie ?!? de Michel Brault et Pierre Perrault. Plus largement, cet essai se distingue par sa riche réflexion sur les identités nationales dans un contexte de post- ou d’hypermodernité. Comment à la fois critiquer et conserver la tradition, comment concilier le local et le mondial, le lien au territoire et l’imaginaire de l’errance, la cohésion identitaire et la multiplicité des références culturelles contemporaines ? De telles questions, qui laissent ouvert le problème des rapports entre le politique et le littéraire, font du livre de Joseph-Yvon Thériault une aventure intellectuelle provocante et d’une grande actualité.

- Allocution du lauréat
- Allocution du président du jury
- Photo de la soirée de remise


JPEGLauréat 2013 : Réjean Beaudoin, D’un royaume à l’autre. Essai sur Pierre Vadeboncoeur, Montréal, Leméac, 2012.

Il s’agit d’un véritable essai, personnel, pertinent, cultivé, qui se mesure avec courage à ce qu’il y a d’impensable dans l’œuvre de l’auteur des Deux royaumes, qui rend compte du « prophétisme » souvent pessimiste traversant cette œuvre tout en faisant valoir sa hauteur de vue et sa riche réflexion sur l’amour. Il nous paraît faire honneur à la tradition de qualité du prix Jean Éthier-Blais. En outre, nous sommes heureux de pouvoir du même coup souligner l’importante contribution critique de Réjean Beaudoin, dont le travail sur la littérature québécoise a toujours été assez discret (en partie parce qu’il a fait carrière à l’Université de Colombie-britannique, à Vancouver), mais qui est un des lecteurs les plus avertis, les plus fidèles, de la littérature québécoise contemporaine, notamment grâce à ses contributions soutenues à des revues comme Liberté et L’inconvénient, depuis la fin des années 1970. Son livre sur le messianisme québécois au 19e siècle (Naissance d’une littérature, Boréal, 1989) demeure une référence obligée sur cette période.

- Allocution du lauréat
- Allocution du président du jury


JPEGColauréat 2012 : Martin Jalbert, Le sursis littéraire. Politique de Gauvreau, Miron, Aquin, Montréal, PUM, « Nouvelles études québécoises », 2011.

L’essai original de Martin Jalbert propose une relecture critique en profondeur de l’inscription du politique dans l’œuvre de trois auteurs majeurs du Québec. Le « sursis littéraire » (Nepveu), dont il est question ici, est moins l’appellation d’une « littérature en sursis » que l’expression de l’invalidation de la « politique de l’émancipation » à l’œuvre dans les poétiques de Gauvreau, Miron et Aquin. En abordant son corpus d’un point de vue philosophique, par le biais notamment de la notion d’ « inconscient esthétique » (Rancière), l’auteur montre de manière cohérente et convaincante comment la dimension esthétique des textes littéraires est indissociable du projet politique qui les sous-tend. Il témoigne aussi des contradictions inhérentes à toute exigence d’écriture prise entre les contingences de la langue et la nécessité d’une parole souveraine. C’est à un véritable exercice intellectuel, fondé sur la clarté du propos et la logique de l’argumentation, que se livre et nous convie cet essai audacieux.

- Allocution du colauréat
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JPEGColauréat 2012 : Pierre Nepveu, Gaston Miron. La vie d’un homme, Montréal, Boréal, 2011.

Fruit d’un patient et consciencieux travail de recherche et d’écriture qui s’est échelonné sur une période de dix ans, Pierre Nepveu nous livre dans cet ouvrage monumental la biographie de celui que la postérité a consacré, de son vivant, « poète national » du Québec. Sans sacrifier la vie de l’homme à la tentation hagiographique, tout en reconnaissant la dimension mythique du personnage, l’auteur éclaire dans son essai biographique le rôle crucial que Gaston Miron a joué dans le façonnement du Québec moderne. À travers l’homme, le poète, l’éditeur et une mise en contexte judicieuse, c’est l’histoire d’une nation et de son institution littéraire qui revit, avec ses contradictions et ses tensions, mais aussi sa volonté d’affirmation et d’émancipation. Ouvrage de référence indispensable pour quiconque s’intéresse à la vie et l’œuvre de Miron, « La vie d’un homme » (Ungaretti) est aussi le vibrant hommage d’un poète à un autre poète, par la voix même de la poésie.

- Allocution du colauréat
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JPEGLauréat 2011 : Daniel Laforest pour son essai L’archipel de Caïn. Pierre Perrault et l’écriture du territoire, Montréal, Éditions XYZ, 2010.

Avec cet essai, Daniel Laforest comble une lacune importante dans les études consacrées au poète et cinéaste québécois, plus connu pour son œuvre cinématographique que pour son œuvre littéraire. L’argumentation, qui se distingue par ses avancées théoriques audacieuses et ses analyses attentives du corpus, est menée de manière magistrale à travers la figure de Caïn qui sert à la fois de fil conducteur et de dispositif ingénieux dans l’exploration de l’archipel de sens constitué par les écrits disparates de l’auteur. L’essai se démarque en outre par une volonté manifeste de sortir Perrault de la thématique de « la poésie du pays », où il a été souvent confiné, afin de l’inscrire dans l’espace erratique de « l’écriture du territoire ».

- Allocution du lauréat
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La littérature est inutile {JPEG}Lauréat 2010 : Gilles Marcotte pour son essai La littérature est inutile, Montréal, Boréal, 2009.

Avec le doigté du journaliste qu’il fut, de l’universitaire qu’il devient et de l’écrivain qu’il fut toujours, Gilles Marcotte y analyse les œuvres de divers écrivains québécois, de Sylvain Garneau à Gaston Miron en passant par Francine Noël, Yvon Rivard et Réjean Ducharme. Porté par l’idée centrale selon laquelle la littérature est à la fois inutile et nécessaire, le livre nous offre librement, au hasard des commandes s’échelonnant sur une vingtaine d’années, une prose fraternelle, engagée mais nullement inféodée à quelque idéologie que ce soit, discrètement critique à l’occasion, simple sans simplifications abusives, ouverte à toutes les époques et à tous les genres, curieuse en particulier des petits riens qui font le grand style.

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Emblèmes d'une littérature. Le libraire, Prochain épisode et L'avalée des avalés {JPEG}Lauréate 2009 : Martine-Emmanuelle Lapointe pour son ouvrage Emblèmes d’une littérature : Le libraire, Prochain épisode et L’avalée des avalés, Montréal, Éditions Fides, 2008.

L’auteure, qui s’attaque à un sujet d’une importance et d’une ampleur considérables, réussit à le traiter de façon claire minutieuse, exhaustive, nuancée, intelligente et sensible. Elle analyse les interprétations proposées par la critique depuis les années 60, laquelle, avec les lecteurs et les auteurs des générations suivantes, aura longtemps semblé s’entendre, mais avec des justifications à géométrie variable, sur le fait que Le libraire, Prochain épisode et L’avalée des avalées ont été et demeurent des emblèmes de notre littérature. Par sa solidité, l’ouvrage de Martine-Emmanuelle Lapointe constitue une référence pour quiconque entend réinterroger la portée et la valeur des oeuvres littéraires canoniques de la Révolution tranquille.


Histoire de la littérature québécoise {JPEG}Lauréats 2008 : Michel Biron, François Dumont et Élisabeth Nardout-Lafarge pour leur ouvrage Histoire de la littérature québécoise, Montréal, Éditions du Boréal, 2007.

Ce livre exceptionnel ne propose rien de moins qu’une relecture des textes littéraires des origines à nos jours. Il renouvelle en profondeur le récit de notre histoire littéraire, nous parlant de la littérature québécoise sur un mode contemporain, la situant dans un contexte littéraire élargi et actuel. Par son style élégant, mesuré et toujours accessible, Histoire de la littérature québécoise séduit aussi par la finesse des analyses qui, sous la surface, nous font pénétrer pour ainsi dire dans le véritable grain du texte.

- Photo de la soirée de remise


Personne n'est une île {JPEG}Lauréat 2007 : Yvon Rivard pour son ouvrage Personne n’est une île, Montréal, Éditions du Boréal, 2006.

Écrits dans une prose ferme et précise, engagée, personnelle, les essais de Yvon Rivard sont d’un écrivain et d’un liseur qui a du tempérament, des idées, du sentiment surtout, une grande générosité, une attention aux êtres et au style, l’intention d’épauler son prochain en témoignant de son propre cheminement, sans taire les errances et les doutes. Les textes portent sur des auteurs québécois principalement, mais sans les confiner à une île qui serait une prison ou un refuge, entre autres Saint-Denys Garneau, Miron et Brault, qu’il aime et fréquente et médite depuis longtemps, en même temps que sur des auteurs étrangers, Rilke, Virginia Woolf, Handke par exemple.


Ferron post-scriptum {JPEG}Lauréate 2006 : Ginette Michaud pour son ouvrage Ferron post-scriptum, Montréal, Lanctôt éditeur, 2005.

Ferron post-scriptum réunit une quinzaine d’études, autant de chapitres, menées par Ginette Michaud à partir des archives de l’un des principaux et des plus intrigants écrivains québécois, Jacques Ferron. Grâce à la correspondance, aux brouillons, aux manuscrits inachevés, l’auteure explore l’œuvre ferronienne, ses échos, ses résonances et ses diffractions. Par ses analyses à la fois originales, très sensibles et d’une grande sobriété, cet ouvrage renouvelle le discours sur cet écrivain emblématique de la littérature québécoise. Écrits dans une langue souple et élégante, ces essais soulignent avec bonheur toute la richesse de l’œuvre de Jacques Ferron et ouvrent de nouvelles perspectives dont on sent que l’auteure poursuivra l’exploration attentive et passionnée.

- Allocution de la lauréate


Accès d'origine, ou pourquoi je lis encore Groulx, Basile, Ferron... {JPEG}Lauréate 2005 : Dominique Garand pour son ouvrage Accès d’origine, ou pourquoi je lis encore Groulx, Basile, Ferron..., Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 2004.

Le projet et l’optique de l’auteur sont réfléchis et novateurs : relire quelques-uns de nos classiques en essayant de les dégager du carcan où les enferme la tradition, et donc de remettre en question certaines lectures qui en sont faites. La littérature témoigne de nos origines, donne accès à ce qui nous constitue : la réflexion de Garand sur l’identitaire ne fait pas l’impasse sur l’altérité, mais les confronte d’une manière qui est à la fois fondée sur les théories les plus actuelles et sur une vision des choses toute personnelle, engagée, audacieuse et risquée même, généreuse et polémique à l’occasion, celle d’un essayiste dans le sens le plus noble du terme, d’un écrivain en un mot.

- Allocution du lauréat


Dany Laferrière : la dérive américaine {JPEG}Lauréate 2004 : Ursula Mathis-Moser pour son ouvrage Dany Laferrière : la dérive américaine, Montréal, VLB éditeur, 2003.

L’ouvrage se situe à la fine pointe des recherches les plus actuelles, axées sur les thématiques de la migrance, de l’intermédialité, de l’intertextualité et de l’autofiction. L’essayiste, professeur de philologie romane à l’Université d’Innsbruck et directrice de son Centre d’études canadiennes, révèle une remarquable culture littéraire et universitaire, ainsi que sa passion pour l’œuvre et pour la vie du romancier d’origine haïtienne Dany Laferrière, l’auteur du flamboyant best-seller de 1985, Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer.


Essais critiques de Louis Dantin {JPEG}Lauréate 2003 : Yvette Francoli pour son ouvrage Essais critiques de Louis Dantin, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2002.

L’auteure s’est penchée généreusement et rigoureusement sur les articles de celui qui fut l’un des plus importants critiques littéraires de la première moitié du vingtième siècle. Sa recherche est ample et minutieuse ; les questions qu’elle pose sont passionnantes, notamment en ce qui concerne la personnalité secrète et complexe de Dantin, sa vie rocambolesque et ses relations avec son célèbre protégé, le poète des " Déicides " et du " Vaisseau d’or ". L’époque et la place qu’y occupa Dantin sont bien décrites.


Réjean Ducharme : une poétique du débris {JPEG}Lauréate 2002 : Élisabeth Nardout-Lafarge pour son ouvrage Réjean Ducharme : une poétique du débris, Montréal, Éditions Fides, 2001.

Cette étude portant sur l’ensemble de l’œuvre de Réjean Ducharme est une remarquable lecture et analyse critique de cette œuvre majeure de la littérature québécoise. L’ouvrage de Mme Nardout-Lafarge est une critique d’accompagnement de l’œuvre ducharmienne, déliée, fine et proche du texte. Soulignons l’aisance, l’agilité, la fluidité et l’élégance de la pensée et de l’écriture, le caractère érudit de l’analyse, son honnêteté et son accueil de la parole des autres critiques de Ducharme. Son essai force à réinterpréter l’œuvre de Réjean Ducharme, grâce à son angle d’attaque – cette poétique du recyclage, du vestige, qu’évoque le titre – et grâce à l’éclairage original qu’il jette sur celle-ci.


L'absence du maître : Saint-Denys Garneau, Ferron, Ducharme {JPEG}Lauréat 2001 : Michel Biron pour son ouvrage L’absence du maître : Saint-Denys Garneau, Ferron, Ducharme, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2000.

Cet essai présente une hypothèse passionnante sur la modernité québécoise et la position de l’écrivain à l’égard de l’institution littéraire, hypothèse relevant de la sociocritique, qui est étayée par une étude de textes très attentive des œuvres de trois des plus grands auteurs québécois du XXe siècle, Garneau, Ferron et Ducharme. Cet ouvrage original et d’une grande tenue est en outre écrit dans une langue claire et élégante, qualités qui nous paraissent particulièrement pertinentes pour un ouvrage auquel sera associé le nom de Jean Éthier-Blais.


Histoire de l'édition littéraire au Québec au XXe siècle. La naissance de l'éditeur, 1900-1939 {JPEG}Lauréats 2000 : Jacques Michon et le Groupe de recherche sur l’édition littéraire au Québec pour le volume 1 de l’Histoire de l’édition littéraire au Québec au XXe siècle. La naissance de l’éditeur, 1900-1939, Montréal, Éditions Fides, 1999.

Cet ouvrage a été produit par une équipe de recherche, sous la responsabilité d’un maître d’œuvre qui a particulièrement veillé à assurer l’homogénéité de la recherche, de la pensée et de l’écriture de ce livre. Il s’agit d’un outil capital pour les études en littérature québécoise, qui fait la démonstration de l’étroite interdépendance entre l’apparition et l’action d’éditeurs littéraires et le surgissement des œuvres dans notre institution au XXe siècle.


Intérieurs du Nouveau Monde : essais sur les littératures du Québec et des Amériques {JPEG}Lauréat 1999 : Pierre Nepveu pour son ouvrage Intérieurs du Nouveau Monde : essais sur les littératures du Québec et des Amériques, Montréal, Éditions du Boréal, 1998.

Recueil d’une quinzaine d’essais lumineux sur des acteurs du Québec, du Canada et des États-Unis, l’œuvre est aussi le récit d’un parcours personnel et d’une suite de rencontres. Rencontres avec des œuvres, certes, mais également avec des êtres, ici, en Californie, au Brésil, et rencontre, surtout, avec ce continent à la fois intime et inconnu, désiré et perdu, qui est le nôtre.


Le fils du notaire : Jacques Ferron, 1921-1949 : genèse intellectuelle d'un écrivain {JPEG}Lauréat 1998 : Marcel Olscamp pour son ouvrage Le fils du notaire : Jacques Ferron, 1921-1949 : genèse intellectuelle d’un écrivain, Montréal, Éditions Fides, 1997.

Le livre de Marcel Olscamp nous propose, d’une façon tout à fait originale, plus qu’une biographie des années de jeunesse de Ferron. Certes, il retrace avec le plus d’exactitude possible les événements déterminants de cette période de la vie de l’écrivain. Mais il donne à voir aussi le contexte social du Québec de cette première partie du XXe siècle. Sur les traces de cet homme aux multiples facettes, nous trouvons dans Le fils du notaire, Jacques Ferron, les différents mouvements d’idées auxquels pouvait être exposé un jeune québécois de bonne famille durant les années 1920 à 1950.


Gabrielle Roy. Une vie {JPEG}Lauréat 1997 : François Ricard pour son ouvrage Gabrielle Roy. Une vie, Montréal, Éditions du Boréal, 1996.

Cette biographie de Gabrielle Roy constitue un complément essentiel à la lecture de ses romans. François Ricard retrace le trajet d’un écrivain et décrit la réception critique de chacun de ses livres, il raconte surtout un destin exceptionnel. Après avoir dépouillé les abondantes archives et la correspondance de Gabrielle Roy, François Ricard donne ici un modèle de biographie d’écrivain et aussi un portrait de femme qui rejoint ce qu’il y a de plus profondément humain en nous tous.


« Un peuple ne se sépare pas de son passé, pas plus qu’un fleuve ne se sépare de sa source, la sève d’un arbre, de son terroir. »
Lionel Groulx, 29 juin 1937.
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